Moins d’un an après son arrivée, Raïs M’Bolhi s’est vu signifier la fin de son aventure au Philadelphia Union par son entraîneur ce week-end. En neuf mois passés en MLS, le bilan du Fennec est sans appel et se résume à 9 matches joués. A 29 ans, alors que sa place en sélection est menacée, le gardien algérien est plus que jamais à la croisée des chemins.


Le temps passe vite. Il y a un an, Raïs M’Bolhi s’apprêtait à entamer la préparation d’une Coupe du monde 2014 qui allait révéler son talent à la planète entière dans la lignée du beau parcours des Fennecs. Convoité par Porto, Benfica, Leicester, QPR, Nice ou Trabzonspor, le gardien formé à l’OM prenait tout son monde à contre-pied en traversant l’Atlantique pour rejoindre le Philadelphia Union.

La première demi-saison du « Raïs » dans la franchise américaine ne restera pas dans les annales. Bilan : Quatre matches, une bourde et pas de play-offs. Qu’importe, l’Algérien fait front. Sa saison terminée depuis octobre, il organise sa préparation spécifique (avec l’entraîneur des gardiens de la sélection) pour la CAN équato-guinéenne, où il répond présent malgré la décevante élimination dès les quarts de finale par le futur champion ivoirien.

« Heureux aux Etats-Unis« 

Surtout, le dernier rempart l’assure, il se sent bien aux Etats-Unis. « Après toutes ces années de galère (huit championnats fréquentés, ndlr), je suis enfin heureux, que ce soit sur le terrain ou en dehors. Philadelphie est une superbe ville« , confie-t-il à Clique TV fin 2014. En mars, c’est donc rempli d’optimisme que l’ancien Marseillais aborde sa deuxième saison en MLS. Ses espoirs seront vite douchés.

Titulaire lors des 5 premiers matches de son équipe, le gardien ne parvient pas à enrayer le mauvais départ des siens, encaissant 9 buts. Après une prestation tout sauf rassurante contre Kansas City (2-3), il est mis à l’écart et autorisé à rentrer en France pour se ressourcer. Revenu aux Etats-Unis début mai, il s’est vu signifier la fin de l’aventure par son entraîneur, Jim Curtin quelques jours plus tard.

Une place à reconquérir

« Il ne va plus jouer aucun match avec nous. Il a un contrat, donc il pourra s’entraîner tout seul, mais séparé de l’équipe. Il n’y a pas eu d’incident particulier, c’est juste l’accumulation de ses performances sur le terrain et des échanges dans le vestiaire avec le reste du groupe« , explique le technicien. Plutôt clair.

A charge désormais à M’Bolhi, qui a reconnu que « les choses ne se passent pas comme prévues« , de rebondir. « Je pense qu’il a été victime de ses choix peu judicieux. Il n’a jamais accompli une saison régulière« , glisse Lyamine Bougherara, son devancier dans le but des Fennecs, à l’APS. « Il devra trouver une équipe qui lui permettra de se stabiliser et de jouer souvent. L’idéal pour lui est de retourner jouer en Europe, et éviter les championnats qui ne correspondent pas à ses ambitions tels que ceux de la Bulgarie ou de la Russie« .

« S’il veut retrouver vite l’équipe nationale, il doit bien gérer sa carrière« , conclut Bougherara alors que M’Bolhi a été oublié par Christian Gourcuff pour la tournée au Qatar et le début des éliminatoires de la CAN 2017 en juin. Une de perdue, dix de retrouvées, dit le dicton. A 29 ans, Raïs M’Bolhi n’a pourtant plus d’années à gâcher.