D’après les révélations du Sunday Times, Mohamed Bin Hammam, ancien vice-président de la FIFA, a octroyé plusieurs millions de dollars à des représentants du football international afin de s’assurer de leur soutien lors de l’attribution de la Coupe du monde 2022 au Qatar. Une corruption qui toucherait le continent africain à grande échelle avec plusieurs dirigeants concernés. Tour d’horizon des principaux mis en cause.


Ils seraient près d’une trentaine d’après le Sunday Times, ce média britannique qui depuis dimanche sème l’agitation avec la publication d’un dossier autour de l’attribution litigieuse de la Coupe du monde 2022 au Qatar. Documents et échanges de mails à l’appui en libre service sur son site, le journal pointe du doigts plusieurs dirigeants du football mondial qui auraient perçu de l’argent en contrepartie de leur soutien au projet qatari.

Soutien sous plusieurs formes : par un vote pour l’Etat du Golfe pour les responsables habilité à le faire, ou à minima, faire preuve de sympathie pour la candidature du Qatar et tenter d’influencer les membres du Comité exécutif dans le choix. Et d’après le quotidien, alors que Michel Platini doit répondre à de forts soupçons, la Confédération africaine de football n’y aurait pas échappé, puisque des pots-de-vin à hauteur de 200 000 dollars par tête auraient été versés sur des comptes d’une trentaine de personnalités, dirigeants ou acteurs majeurs. En se penchant sur les documents du Sunday Times, les principales personnalités incriminées sont :

Issa Hayatou

S’il a très vite démenti les allégations du Sunday Times, le président de la CAF et membre du comité exécutif de la FIFA (donc vote pour l’attribution du Mondial) aurait eu de nombreux contacts avec le Qatar et ce depuis 2009. A cette période, il aurait effectué un voyage à Doha en compagnie de 35 présidents de fédérations africaines, le tout aux frais de l’Etat du Golfe, d’après le média, qui parle de « Hayatou gifts » (les cadeaux d’Hayatou). Dans ce chapitre, est aussi évoqué les frais d’Hayatou pendant la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud, payé pris en charge par Bin Hammam. Thèse également démentie par le patron de la CAF.

Jacques Anouma, Maigari Aminu et Amos Adamu

Respectivement présidents des Fédérations ivoirienne, nigériane, et président de l’Union ouest-africaine de football, les trois hommes étaient de ce voyage au Qatar et y ont rencontré Mohamed Bin Hammam. Avant leur arrivée sur le sol qatari, il a été remarqué des virements à hauteur de 400 00 dollars à leur compte, issus du programme « Goal » de la FIFA. Au cours du séjour, il sera ensuite établi un accord entre le Qatar et la CAF pour financer pour un montant d’un million de dollars la congrès annuel de l’instance qui aura lieu en Angola.

Général Seyi Memene

Dans un chapitre titré, « Pilgrimage funding » (Financement de pèlerinage), le nom du vice-président de la Fédération togolaise revient à plusieurs reprises. Présent dans certains voyages organisés par la CAF, il aurait notamment perçu un virement de 22 400 dollars de la part de Mohamed Bin Hammam, en 2008, afin de se rendre à la Mecque avec sa femme pour leur pèlerinage.

Seedy Kinteh

Le président de la Fédération gambienne fait la rencontre de Mohamed Bin Hammam en 2009, lors du congrès annuel de la FIFA aux Bahamas. D’après le Sunday Times, qui reprend des échanges de courriers, le courant est visiblement bien passé entre les deux hommes. A la suite du congrès, Kinteh aurait fait parvenir ses coordonnées bancaires au dirigeant qatari, avec le message suivant : « Comme nous l’avons évoqué aux Bahamas, j’ai de nouveau besoin de votre aide fraternelle. Je vous joins donc les coordonnées bancaires complètes que vous pouvez utiliser pour n’importe quel virement« . Quelques jours plus tard, un virement de 10 000 dollars aurait été fait, suivi d’un autre de 50 000 dollars.

Des fédérations béninoise, burundaise, congolaise, marocaine, namibienne ou encore guinéenne, la liste est longue. Entre prise en charge totale lors de voyages organisés, argent en liquide à leur arrivée, cadeaux de tous genres, ils seraient plus d’une vingtaine d’autres dirigeants à avoir bénéficié des faveurs de l’émirat pétrolier. Même George Weah n’est pas épargné. L’ancien star du ballon rond compte même deux chapitres qui lui sont consacrés : « George Weah: a friend and brother » (George Weah un ami et un frère) et « George Weah $50,000 payment » (George Weah, paiement de 50 00 dollars). Titres sans équivoque. Somme perçue pour faire bonne publicité au Qatar. Difficile de dire que ça n’a pas marché…