Deux matchs, deux défaites, cinq buts encaissés et un seul point commun : le Sénégal n’a jamais vraiment ressemblé au Sénégal. Battus par la France (3-1) puis par la Norvège (3-2), les Lions de la Teranga abordent leur dernier match de groupe de la Coupe du monde 2026 face à l’Irak avec une obligation de résultat… mais aussi une obligation de convaincre.
Pour espérer encore rejoindre les seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026 via le classement des meilleurs troisièmes, le Sénégal devra non seulement s’imposer contre l’Irak, mais probablement le faire avec un large écart. Une mission qui pose une question essentielle : Pape Thiaw va-t-il oser changer ses certitudes ?
Le classement des meilleurs troisièmes du Mondial
Découvrez le classement des meilleurs troisièmes du Mondial actualisé en temps réel.
Les cadres du Sénégal ne répondent plus
Après la défaite contre la Norvège, le sélectionneur s’était voulu lucide. « Nous allons désormais revoir le match, en tirer tous les enseignements nécessaires et corriger nos erreurs afin de ne pas les reproduire à l’avenir », promettait-il, avant d’annoncer ce jeudi une “révolte sur le plan tactique“. Reste désormais à savoir si ces annonces se traduiront dans son onze de départ.
Le constat est difficile à ignorer. Plusieurs leaders historiques évoluent très loin de leur meilleur niveau. Kalidou Koulibaly, pourtant revenu in extremis de blessure pour disputer le Mondial, a vécu deux rencontres extrêmement compliquées. Déjà en difficulté face à la France, le capitaine a sombré contre la Norvège, étant impliqué sur les trois buts encaissés. De quoi s’interroger sur son état physique réel.
Au milieu, Idrissa Gana Gueye et Pape Gueye peinent à imposer leur rythme, tandis que Sadio Mané, malgré toute son expérience, n’a toujours pas trouvé la solution pour faire basculer les rencontres. Finalement, seuls Édouard Mendy, auteur de plusieurs arrêts importants mais forfait vendredi, et Ismaïla Sarr, auteur d’un doublé face aux Norvégiens, ont véritablement répondu présent.
Au-delà des résultats, c’est surtout le contenu qui inquiète. Les Lions n’ont jamais donné le sentiment de maîtriser leurs matchs, malgré la qualité indéniable de l’effectif.
Pape Thiaw :
— 13football_com (@13footballC) June 25, 2026
"Ça parle beaucoup, il faut l’admettre. C’est normal quand on sort de deux défaites en deux Matchs, alors qu’on était cités parmi les favoris. Maintenant, il faut sonner la révolte. que ça soit de mon côté, sur le plan tactique, mais aussi du côté des Joueurs.… pic.twitter.com/oMJrs9FB1h
L’heure de de lancer la jeunesse ?
Le paradoxe est là. Alors que plusieurs cadres traversent une période compliquée, certains des plus grands talents du pays restent sur le banc.
Iliman Ndiaye, pourtant excellent en club ces derniers mois et auteur d’une passe décisive en seulement quelques minutes contre la France, n’a pas joué contre la Norvège. Ibrahim Mbaye, révélation de la dernière CAN, n’a toujours pas disputé la moindre minute, tout comme Bara Sapoko Ndiaye, le jeune milieu du Bayern Munich. Assane Diao, lui aussi, attend toujours son heure.
À ce stade de la compétition, le Sénégal n’a plus grand-chose à perdre. Au contraire. Face à une équipe irakienne qui jouera également sa dernière carte, les Lions devront apporter davantage de vitesse, de percussion et de créativité. Des qualités que possèdent justement ces jeunes profils.
:quality(65)/https%3A%2F%2Fmedia.afrik-foot.com%2Fmain%2F2026%2F06%2FICONSPORT_368411_0070-2.jpg)
Un électrochoc est-il encore possible ?
Les difficultés du Sénégal ne se limitent d’ailleurs pas au terrain. Les retards dans le versement des primes, le renouvellement tardif du contrat de Pape Thiaw ou encore les différents dysfonctionnements reconnus publiquement par le sélectionneur ont alimenté un climat pesant autour de la sélection.
Mais désormais, les excuses ne suffisent plus.
« Tout peut encore se jouer lors de la dernière journée. Il faut jouer ce match à fond », a rappelé Pape Thiaw après la Norvège.
Pour cela, le sélectionneur devra sans doute prendre des décisions fortes. Quitte à envoyer un message à ses cadres historiques. Le temps des calculs est terminé. Face à l’Irak, le Sénégal devra impérativement prendre des risques.
Sans victoire, et sans une prestation bien plus convaincante, l’une des plus grandes générations de l’histoire des Lions de la Teranga quitterait prématurément cette Coupe du monde. Un scénario que personne n’imaginait il y a encore deux semaines.
:quality(65)/https%3A%2F%2Fmedia.afrik-foot.com%2Fmain%2F2026%2F06%2FICONSPORT_368855_0198.jpg)