Dans l’attente du verdict du Tribunal arbitral du sport (TAS), la “décision compète” des arbitres donne lieu à un mano a mano maroco-sénégalais sur la place publique.
Suite à l’audition de la Fédération sénégalaise de football (FSF), de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) et de la Confédération africaine de football (CAF) le 8 octobre dernier dans l’affaire de la finale de la CAN 2025, le TAS a annoncé le 19 octobre que « la Formation arbitrale a entamé ses délibérations ».
L’instance a ajouté qu’en raison du fait que les arbitres souhaitent rendre un jugement complet incluant une motivation juridique, « ce processus prendra plusieurs semaines et la sentence du TAS est attendue fin novembre 2026 ».
Les motifs de la décision du TAS source de confrontation maroco-sénégalaise par média interposé
En attendant cette échéance, une confrontation maroco-sénégalaise a éclaté sur X. Avec en toile de fond, les motifs devant justifier la décision du TAS.
Tout est parti d’un tweet du journaliste marocain Izem Anass, selon lequel les arbitres auraient déjà pris leur décision il y a quelques jours, et que le délai annoncé ne servait qu’à « clarifier la décision et ses clauses ». Il en a déduit que « l’appel après la publication de la décision (…) ne changera rien et ne sera pas accepté ».
Malang Sané démentira cette information, truffée d’ « incohérences » à ses yeux. Le Sénégalais argue au contraire que le TAS représente l’instance ultime dans le domaine du sport. En vertu de quoi, il n’existe aucune possibilité de faire appel à son verdict, et c’est pourquoi l’institution n’a pas à chercher des causes pour éviter un quelconque appel.
Il développe ensuite que les motifs sont le fondement-même d’une décision de justice : ces derniers constituant une obligation légale faite aux juges de coucher par écrit les raisons de fait et de droit sur lesquelles ils fondent leur jugement.
Par conséquent, ils ne sont pas facultatifs. La procédure du TAS ne fait pas exception, conclut-il, relançant ainsi la bataille médiatique à quelques semaines du coup de sifflet final du TAS.
Celui-ci a néanmoins rappelé que « seules les informations communiquées par ses canaux sont considérées comme officielles ».
Les incohérences présentes dans ce texte sont amusantes.
1. La sentence rendue par le TAS revêt un caractère définitif. En d’autres termes, il n’existe aucune possibilité de faire appel, car le TAS constitue l’ultime instance arbitrale dans le domaine sportif. Cette décision s’impose aux parties concernées donc, le TAS n’a pas à chercher des causes pour éviter un « appel» après publication de ladite décision.
2. Dans aucune juridiction sérieuse, un juge ne rend une décision sans avoir préalablement établi les justifications et les motifs qui en fondent le bien-fondé. Au contraire, ce sont ces justifications et ces motifs qui permettent d’édicter la sentence.
3. Conformément au manuel de procédure du TAS, les arbitres ne prennent pas de décision dans l’intention de "chercher ensuite" leurs « clarifications et causes ». Ils délibèrent et construisent leur raisonnement juridique au moment même où ils prennent la décision, que ce soit pour le dispositif seul ou pour la sentence complète.
— 𝗦𝗮𝗻𝗲 𝗠𝗮𝗹𝗮𝗻𝗴 🇸🇳🇸🇳🇬🇲🇬🇲 (@sane932) October 20, 2026
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