Ce jeudi, le Sénégal et le Maroc seront auditionnés par le Tribunal arbitral du sport (TAS) dans le litige qui les oppose au sujet de la finale de la CAN 2025. Les deux camps ont opté pour une méthode de communication radicalement opposée. Voici les avocats qui défendront leurs intérêts.
Une équipe de pointures internationales pour le Sénégal, beaucoup plus de discrétion pour le Maroc. La bataille autour de la finale de la CAN 2025 se poursuit ce jeudi devant le Tribunal arbitral du sport (TAS), avec deux dispositifs juridiques aux profils radicalement différents. Un contraste d’autant plus frappant qu’au moment de la procédure devant la CAF, la perception était presque inverse : le camp sénégalais avait dénoncé la présence d’un imposant dispositif juridique marocain.
Le Sénégal joue la carte de l’international pour se défendre devant le TAS
La Fédération sénégalaise de football n’a jamais vraiment cherché à dissimuler ses cartes. Le 26 mars, à Paris, elle avait réuni ses conseils pour une conférence de presse particulièrement offensive, destinée à présenter publiquement les arguments de son recours devant le TAS. Des termes très forts comme “braquage administratif“, “corruption” et “attentat contre la fédération, le football, et la discipline sportive” avaient été prononcés. Six avocats avaient alors pris la parole ou été présentés : le bâtonnier Aly Fall, Me Seydou Diagne, Me Moussa Sarr, l’Espagnol Juan de Dios Crespo Pérez, Me Serge Vittoz et l’ancien bâtonnier de Paris Pierre-Olivier Sur.
Un collectif à la fois sénégalais et international, avec des profils complémentaires. Crespo Pérez est notamment spécialisé dans le droit du sport et célèbre pour avoir défendu plus de 500 dossiers devant le TAS avec son cabinet, tandis que Pierre-Olivier Sur apporte son expérience en matière de procédures pénales internationales. La FSF a ainsi affiché une volonté claire de porter le dossier au-delà du seul cadre du football africain.
Saisine du TAS.Le senegal expose les arguments iuridiques de son recours.Le pool d avocats decide de porter plainte contre les 5 membres du iury d appel de la CAF pour corruption.Les conseils de la confederation senegalaise de football ont fait face a la presse ce matin a Paris. Compte rendu Coumba Diakhaté Mar
— RTS SENEGAL (@RTS1_Senegal) March 27, 2026
Le ton employé à Paris était à l’image de cette stratégie : visant à internationaliser le débat. Me Juan de Dios Crespo Pérez estimait que « ce n’est pas seulement l’intégrité du football africain, mais l’intégrité du monde du football » qui serait en jeu devant le TAS.
Le Maroc entretient le mystère avant le TAS
Côté marocain, le dispositif est beaucoup moins exposé. Peu de déclarations publiques ont filtré sur la composition exacte de la défense de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), qui a choisi de travailler davantage dans la discrétion.
Les rares informations qui ont fuité via Médias24 permettent néanmoins d’identifier une structure pilotée par le cabinet marocain Naciri & Associés. La défense a également été renforcée par un avocat disposant d’une expérience au TAS de Lausanne.
Pilotée par trois avocats marocains du cabinet Naciri & Associés, la défense marocaine s’élargit avec l’arrivée d’un ancien counsel au TAS à Lausanne. https://t.co/9V16Kb3iSf https://t.co/I7Rrwk0Y0P
— Médias24 (@Medias24) March 30, 2026
Cette approche contraste avec celle du Sénégal, qui a largement communiqué sur ses conseils et leur stratégie. Le Maroc, lui, semble privilégier le dossier juridique et les arguments déposés devant les arbitres plutôt que la communication autour de son équipe. Mais c’est surtout ce jeudi qu’on commencera à savoir qui du Sénégal ou du Maroc a bâti la meilleure équipe.
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