Eliminée après deux déroutes face à la Suède (1-5) et au Japon (0-4), la Tunisie jouera son dernier match à la Coupe du monde 2026 ce jeudi soir contre les Pays-Bas. Ce fiasco aura probablement des conséquences, notamment au niveau d’une fédération très critiquée.
« Si on perd par deux ou trois buts d’écart, on sera presque satisfait», souffle, entre ironie et dépit, ce dirigeant d’un club tunisien auprès d‘Afrik-Foot. On a connu des ambitions plus élevées en Tunisie que celle d’espérer autre chose qu’une troisième fessée en phase finale de la Coupe du monde. Mais c’est vrai qu’il y a de quoi comprendre cette frilosité ambiante, après les roustes infligées par les Suédois et les Japonais, faisant suite à celle infligée par la Belgique à Bruxelles en match amical le 6 juin (0-5).
Un but inscrit et quatorze encaissés trois matches : ce ne sont pas les statistiques de Saint-Marin, d’Anguilla ou des Seychelles, qui naviguent dans les eaux (très) profondes du dernier classement FIFA, mais bien celles des Aigles de Carthage. La Tunisie fait certes partie des meilleures sélections africaines de l’histoire, mais cela n’a pas vraiment sauté aux yeux ces dernières semaines. Et à ce bilan sportif indigne de son rang vient s’ajouter un capharnaüm déplorable pour son image. L’ancien international français d’origine tunisienne Sabri Lamouchi, nommé en janvier dernier, a ainsi été limogé au lendemain de Suède-Tunisie et remplacé par Hervé Renard, après une communication plus qu’hésitante de l’instance.
Il n’est même pas certain qu’une bonne performance face aux Oranje calmerait la colère des supporters des Aigles. « Il y a trop de choses qui ne fonctionnent plus. L’Etat suit de très près le dossier. Kaïs Saïed, le président de la République, a été consulté sur le renvoi de Lamouchi et la nomination de Renard. Il a donné son accord dans les deux cas. Mais il voit aussi que les gens sont très mécontents et que l’image du pays est écornée », intervient une autre source locale pour Afrik-Foot. « Il faut donc s’attendre à des conséquences quand tout le monde rentrera à Tunis. »
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La fédération dans le collimateur de l’Etat tunisien
La démission de plusieurs membres du Bureau fédéral de la fédération est notamment évoquée. Mais cela pourrait aller plus loin, comme le suppose un autre dirigeant de club pour Afrik-Foot. « Ceux qui seraient réticents à démissionner pourraient être invités discrètement par le pouvoir politique à s’en aller. Évidemment, le gouvernement ne prendra jamais la décision de dissoudre la fédération, ce qui serait considéré par la Fifa comme une ingérence politique, et pourrait entraîner une suspension. Et il est difficile d’imaginer que certains fassent de la résistance… » Une allusion à peine voilée au caractère autoritaire du pouvoir tunisien et notamment du chef de l’Etat.
Une démission de l’ensemble du Bureau fédéral provoquerait alors une nouvelle élection. La FTF est présidée depuis janvier 2025 par Moez Nasri, mais en Tunisie, tout le monde sait que le vrai patron est Hussein Janayah, le vice-président. Celui-ci forme avec l’ancien international Zied Jaziri, aujourd’hui directeur sportif de la sélection, un tandem très influent, à qui il est notamment reproché d’avoir un rôle dépassant largement leurs prérogatives dans le choix des joueurs.
🎙️ Zied Jaziri : « Je n’ai jamais été contre l’arrivée d’Hervé Renard. Au contraire, j’ai été l’un des premiers à réclamer la nomination d’un sélectionneur étranger depuis le début.
— Noussour 🇹🇳 (@NoussourTN) June 18, 2026
Je tiens également à saluer Hussein Jenayah. Sans lui, Hervé Renard ne serait jamais venu. » pic.twitter.com/GnfnzQAnSF
Quel sélectionneur pour les qualifications pour la CAN 2027 ?
Dans ce contexte, il est également légitime de s’interroger sur le cas du sélectionneur. Hervé Renard a été recruté pour les matches face au Japon et aux Pays-Bas, avec, lors des discussions entre ses représentants et la FTF, l’hypothèse de poursuivre l’aventure au-delà de cette courte mission., notamment pour qualifier les Aigles de Carthage pour la CAN 2027 organisée au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda. Les éliminatoires débuteront en septembre, et les Nord-africains auront comme adversaire l’Ouganda, qualifié d’office, la Libye et le Botswana.
L’Etat serait plutôt favorable à une prolongation du contrat du Savoyard et à prendre en charge une grosse partie de son salaire. L’intéressé, qui ne s’est pas exprimé sur ce sujet, est uniquement concentré sur le match face aux Pays-Bas. La question de son avenir, en Tunisie ou ailleurs, se posera bien assez rapidement.
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