Algérie : après deux ans d’attente, le verdict assomme Zetchi

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Après près de deux ans en détention, l’ancien président de la FAF a reçu une très lourde peine du tribunal de Sidi M’Hamed.

La longue attente a laissé place à un verdict particulièrement sévère. Figure centrale du football algérien pendant plusieurs années, Kheireddine Zetchi vient d’encaisser le plus grand revers de son parcours. Le tribunal de Sidi M’Hamed, à Alger, l’a condamné ce mardi à huit années de prison.

Huit ans pour Zetchi, sept pour Zefizef

D’après les informations émanant des médias locaux, l’ancien président de la Fédération algérienne de football (FAF) écope donc de huit ans d’emprisonnement ferme. Il en est de même pour l’un de ses successeurs, Charafeddine Amara. Djahid Zefizef, autre occupant de ce poste, a été condamné à six ans, tandis qu’Abdelghani Nekkache, ancien directeur administratif de la Fédération, a reçu une peine de trois ans ferme.

Ces condamnations interviennent une semaine après la clôture des débats devant le pôle pénal économique et financier. Le parquet avait requis dix années de prison et cinq millions de dinars d’amende à l’encontre de plusieurs prévenus, dont les anciens patrons de la FAF.

Le dossier portait sur la gestion financière de la Fédération entre 2017 et 2023. Les poursuites concernaient notamment des faits d’abus de fonction, de dilapidation de deniers publics et de conclusion de contrats contraires à la réglementation afin d’accorder des avantages injustifiés. Zetchi se trouvait en détention provisoire depuis novembre 2024, après un procès repoussé à six reprises.

Les arguments de la défense n’ont pas suffi

Tout au long des audiences, la défense de l’ancien dirigeant avait réclamé son acquittement. Ses avocats soutenaient notamment que les bilans financiers de la FAF avaient reçu le quitus de l’assemblée générale et que le statut associatif de la Fédération ne la soumettait pas strictement au Code des marchés publics.

Ils avaient aussi avancé plusieurs éléments destinés à attester de l’intégrité personnelle de leur client. Selon Me Feddag, Zetchi aurait reversé à la Fédération les indemnités annuelles de 20 000 dollars qu’il percevait de la CAF afin de soutenir le football féminin et les catégories de jeunes. Il aurait également financé personnellement une partie de la rénovation de l’hôtel de la sélection au Centre technique national de Sidi Moussa.

« Chaque nuit, je me demande quel a été mon tort », avait déclaré l’ancien dirigeant dans ses dernières paroles devant le tribunal, assurant avoir toujours travaillé avec intégrité.

L’homme de la CAN 2019 durement frappé

Fondateur du Paradou AC et de son académie réputée, Kheireddine Zetchi avait dirigé la FAF entre 2017 et 2021. Son mandat reste associé à la nomination de Djamel Belmadi et au sacre de l’Algérie lors de la CAN 2019, vingt-neuf ans après son premier titre continental.

La condamnation a un fort retentissement dans le football algérien. Zetchi a écopé d’une peine proche des réquisitions du parquet, et son combat judiciaire pourrait désormais se poursuivre par les voies de recours.

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Naïm Beneddra

Le football m’accompagne depuis l’enfance, et j’ai eu la chance d’en faire mon métier il y a plus de 20 ans. Depuis, j’écris, j’analyse, je râle parfois devant un match et je continue surtout à aimer raconter ceux qui font ce sport. Fan inconditionnel des Fennecs, je garde évidemment un œil très attentif sur tout ce qui touche au football algérien. Si vous aimez le foot avec passion, curiosité et un peu de mauvaise foi assumée, on devrait bien s’entendre.