Algérie : « Je suis gêné, mon client ne voulait pas… », l’ultime révélation de l’avocat de Zetchi

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Au terme de son procès, Kheireddine Zetchi a réclamé son acquittement. Son avocat a, lui, livré une étonnante révélation.

Après six reports et près de deux années passées en détention provisoire, Kheireddine Zetchi connaît désormais la date à laquelle son sort sera fixé. Ouvert le 13 octobre après une longue série de renvois, le procès de l’ancien président de la Fédération algérienne de football (FAF) a été mis en délibéré jusqu’au 27 octobre. Avant cette échéance, l’un de ses avocats a souhaité dévoiler des gestes que son client aurait préféré garder confidentiels.

Une révélation que Zetchi voulait taire

« Je ne voulais pas le dire, et je suis un peu gêné, car mon client ne veut pas que j’en parle », aurait ainsi déclaré Me Feddag devant la présidente du tribunal.

L’avocat a ensuite affirmé que Zetchi percevait personnellement 20 000 dollars par an de la CAF pour couvrir ses frais lorsqu’il dirigeait la FAF, soit 80 000 dollars sur l’ensemble de son mandat. Une somme qu’il aurait intégralement reversée à la Fédération afin de soutenir le football féminin et les catégories de jeunes. Toujours selon la défense, l’ancien dirigeant aurait également offert l’équivalent de 2,5 milliards de centimes de céramique pour la rénovation de l’hôtel de la sélection au Centre technique national de Sidi Moussa.

Il appartiendra au tribunal d’en apprécier la portée dans un dossier portant notamment sur la gestion financière de la FAF entre 2017 et 2023.

« Chaque nuit, je me demande quel a été mon tort »

Le parquet a requis dix années de prison ferme contre chacun des trois anciens présidents de la Fédération, Kheireddine Zetchi, Charaf-Eddine Amara et Djahid Zefizef. De son côté, la défense a contesté les accusations, soulignant notamment que les bilans financiers avaient reçu le quitus des assemblées générales et que la FAF n’aurait bénéficié d’aucune subvention publique durant le mandat de Zetchi.

Dans ses derniers mots, l’ancien patron du football algérien a demandé son acquittement et rappelé qu’il présentait, selon lui, toutes les garanties permettant une remise en liberté sous contrôle judiciaire. « Ces mois en prison ont été durs », a-t-il confié, avant d’assurer avoir travaillé avec intégrité : « Chaque nuit, je me demande quel a été mon tort. »

Zetchi, Sadi et deux visions de la FAF

Zetchi n’est pas seulement un ancien dirigeant fédéral. Fondateur du Paradou AC et de son académie réputée, il a présidé la FAF de 2017 à 2021. Son mandat restera associé au recrutement de Djamel Belmadi et surtout au sacre historique de l’Algérie à la CAN 2019, un bilan qui lui avait valu un hommage appuyé du sélectionneur et de ses joueurs à la fin de sa présidence.

Son parcours a aussi été marqué par une lutte d’influence avec le courant incarné par Walid Sadi, ancien proche de Mohamed Raouraoua et actuel président de la FAF. Les deux hommes s’étaient déjà opposés dans la course au pouvoir fédéral. L’enquête à l’origine du procès a ensuite été ouverte après l’arrivée de Sadi et ses déclarations alarmantes sur la situation financière héritée par la Fédération.

Ce contexte nourrit les lectures politiques et les soupçons de règlement de comptes parmi les partisans de Zetchi. Le 27 octobre, la justice devra trancher sur les faits reprochés, indépendamment des clans qui continuent de s’affronter autour du football algérien.

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Naïm Beneddra

Le football m’accompagne depuis l’enfance, et j’ai eu la chance d’en faire mon métier il y a plus de 20 ans. Depuis, j’écris, j’analyse, je râle parfois devant un match et je continue surtout à aimer raconter ceux qui font ce sport. Fan inconditionnel des Fennecs, je garde évidemment un œil très attentif sur tout ce qui touche au football algérien. Si vous aimez le foot avec passion, curiosité et un peu de mauvaise foi assumée, on devrait bien s’entendre.