Algérie : Halilhodzic a-t-il perdu son pari contre la Belgique ?

Face à la Belgique (1-2), mardi, pour l’entrée en lice de l’Algérie dans le groupe H de la Coupe du monde 2014, Vahid Halilhodzic avait tout misé sur la défense, un choix critiqué par la presse et sur les réseaux sociaux. Le sélectionneur franco-bosnien a-t-il perdu son pari ?

OUI

Un non-match pauvre en enseignements

Seule la victoire compte. Surtout en phase finale de Coupe du monde. Non content de se priver de toute possibilité de jouer avec la manière, Vahid s’est également passé de toute possibilité de tirer des enseignements de cette rencontre. Après ce “non-match”, on n’est pas plus avancé sur le niveau de l’Algérie. Les Fennecs débuteront vraiment leur Coupe du monde dimanche, face à la Corée du Sud. Le match face à l’épouvantail belge aurait pu faire office de test grandeur nature si l’Algérie avait joué son jeu habituel, en permettant à Vahid d’effectuer ensuite les derniers réglages avant les matches puis abordables face à la Corée et la Russie. Occasion manquée.

La prochaine fois, on fait comment ?

Les Algériens ont vaillamment défendu certes, mais ils étaient à onze derrière. Et malgré cette attitude résolument défensive, ils ont encaissé deux buts et bénéficié de deux ou trois parades déterminantes de M’Bolhi. Que se passera-t-il la prochaine fois si les Fennecs défendent à cinq ou six et et si leur gardien est dans un jour sans ?

 NON

A 20 minutes près…

Dans un pays adepte de football offensif et technique comme l’Algérie, miser tout sur la défense pour un premier match de Coupe du monde est un choix périlleux. Et le plan de Vahid a fonctionné pendant 70 minutes (45 en réalité car les Fennecs ont été inquiétés après la pause). A vingt minutes près, l’Algérie aurait réalisé un second exploit en Coupe du monde et tout le monde aurait crié au génie.

La défense se rassure

Pointée du doigt tout au long des matches de préparation (3-1 contre l’Arménie et 2-1 contre la Roumanie), la défense algérienne inquiétait. Le Bosnien ne pouvait pas rester sans rien faire. Même s’ils ont cédé à deux reprises face aux Diables Rouges, les Fennecs se sont rassurés en défense et ont prouvé qu’ils pouvaient colmater les brèches, même face à l’armada belge (Eden Hazard, Romelu Lukaku et Dries Mertens). Si l’Algérie avait conservé sa tactique habituelle, combien de fois Raïs M’Bolhi aurait dû aller chercher le ballon au fond de ses filets ?

Un groupe est né

A défaut de ramener un résultat, Vahid Halilhodzic a su bâtir un groupe et insuffler un état d’esprit exemplaire à ses hommes, contraints de se serrer les coudes et de défendre à plusieurs face aux Diables Rouges, à l’image de Feghouli et Mostefa face à Hazard. Avec une solidarité exemplaire et une discipline de tous les instants (Feghouli jouait arrière droit en phase défensive, Soudani a rarement dépassé la ligne médiane), l’Algérie a posé de belles bases pour la suite de la compétition. Un groupe est né.

Il n'est pas le seul responsable

A la mi-temps, le coach nous a dit d’aller jouer plus haut, de jouer vers l’avant. On ne l’a jamais fait“, avoue Riyad Mahrez dans les colonnes de L’Equipe au lendemain du match… Les Fennecs ont été paralysés par l'enjeu. “Pour créer un exploit, il ne faut pas avoir peur d'aller jusqu'au bout. Or, en deuxième période, certains joueurs ont eu peur d'aller vers l'avant. Il ne fallait pas se contenter de défendre“, regrette le coach bosnien.

 Verdict

Vahid a tenté un pari courageux. Pari perdu puisque l’Algérie a été défaite. Mais les Fennecs se sont rassurés défensivement, ont cru au rêve pendant près d’une heure et ont failli accrocher un outsider à leur tableau de chasse. Le peuple algérien s’est pris à rêver à un exploit. Des bases défensives ont été posées pour l'avenir. Le groupe a démontré un état d’esprit solidaire et discipliné. Tout n’est pas à jeter donc. Loin s’en faut.

Algérie : Halilhodzic a-t-il perdu son pari contre la Belgique ?
Romain Lantheaume

Je suis tombé amoureux du foot africain avec Didier Drogba, puis j’ai découvert Afrik-Foot en 2013. Depuis, nous ne nous sommes plus lâchés !