Algérie : le poste fantôme qui a déséquilibré les Verts au Burundi

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Accrochée par le Burundi (2-2) mardi dans les éliminatoires de la CAN 2027, l’Algérie a surtout affiché un inquiétant déséquilibre au milieu en l’absence d’une véritable sentinelle.

Menée de deux buts après seulement douze minutes, l’Algérie a trouvé les ressources pour revenir contre le Burundi grâce à Mohamed Bachir Belloumi et Adil Boulbina (2-2). Mais derrière la réaction, Bujumbura a surtout exposé plusieurs faiblesses dans le onze de Brahim Hemdani.

Le déséquilibre du milieu figurait déjà parmi les principaux enseignements de ce nul. Entre une défense fébrile et une attaque longtemps isolée, un immense espace s’est régulièrement ouvert dans l’axe. Une question devient donc urgente : qui peut réellement protéger l’arrière-garde des Verts ?

Abdelli et Chaïbi, deux créateurs sacrifiés

Dans le 4-2-3-1 algérien, Himad Abdelli et Farès Chaïbi ont été chargés d’évoluer devant la défense. Sur le papier, le duo offrait beaucoup de qualité technique. Dans les faits, il manquait surtout d’un véritable récupérateur.

Abdelli possède davantage le profil d’un meneur reculé capable de faire progresser le ballon. Chaïbi, lui, est naturellement porté vers la projection et la création. Aucun des deux n’est une sentinelle habituée à protéger constamment l’axe, gagner les duels et couper les transitions adverses.

Le Burundi a ainsi régulièrement traversé le premier rideau algérien avec trop de facilité. Les erreurs individuelles de Chaïbi et Ramy Bensebaini ont directement coûté les deux premiers buts, mais elles se sont inscrites dans un déséquilibre plus général.

Après la sortie sur blessure d’Abdelli, Adem Zorgane a apporté davantage de maîtrise et une meilleure orientation du jeu. Lui aussi reste cependant davantage un organisateur qu’un pur récupérateur.

Depuis Guedioura, la sentinelle reste introuvable

Ce problème ne date pas de Bujumbura. Depuis la retraite d’Adlène Guedioura, l’Algérie n’a jamais véritablement trouvé un joueur capable d’apporter à la fois puissance, impact et équilibre devant la défense.

Les absences de Nabil Bentaleb et Hicham Boudaoui ont forcément réduit les options de Hemdani. Mais même avec eux, la question reste ouverte. Ismaël Bennacer doit retrouver de la continuité, tandis que Ramiz Zerrouki n’a jamais réussi à s’imposer durablement comme la solution incontestable dans ce rôle.

Le paradoxe est que Hemdani avait justement entrepris de renouveler son milieu avec davantage de profils créatifs. Abdelli, Aouchiche ou Bourabaa apportent du jeu entre les lignes et de la projection. Le match du Burundi a toutefois rappelé qu’empiler les joueurs techniques ne suffit pas lorsqu’aucun d’entre eux n’est spécialisé dans le travail défensif.

Notons que le prometteur Abdelouahab Satta possède certaines qualités recherchées et Hemdani le connaît depuis les Jeux méditerranéens. Mais le jeune milieu du MC Alger manque encore d’expérience au plus haut niveau et représente davantage une piste pour l’avenir qu’une réponse immédiate.

À court terme, le sélectionneur devra donc soit trouver le bon profil dans son réservoir, soit adapter son système. Un milieu à trois pourrait notamment permettre de mieux répartir les tâches et éviter que deux créateurs se retrouvent seuls chargés de protéger toute l’équipe.

Bujumbura a peut-être livré l’un des premiers grands enseignements du mandat Hemdani : l’Algérie ne manque pas de milieux talentueux. Elle manque surtout de celui qui accepte de faire le travail que les autres ne font pas.

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Naïm Beneddra

Le football m’accompagne depuis l’enfance, et j’ai eu la chance d’en faire mon métier il y a plus de 20 ans. Depuis, j’écris, j’analyse, je râle parfois devant un match et je continue surtout à aimer raconter ceux qui font ce sport. Fan inconditionnel des Fennecs, je garde évidemment un œil très attentif sur tout ce qui touche au football algérien. Si vous aimez le foot avec passion, curiosité et un peu de mauvaise foi assumée, on devrait bien s’entendre.