Une Coupe du monde ne se joue pas uniquement sur le talent. Dans une compétition aussi longue et intense, un sélectionneur doit aussi construire un groupe capable de vivre ensemble pendant plus d’un mois, sans impacter l’équilibre du groupe. Et visiblement, c’est sur ce terrain-là que Baghdad Bounedjah aurait perdu sa place avec l’Algérie.
Héros du sacre continental de 2019 grâce à son but en finale face au Sénégal, l’attaquant d’Al-Shamal espérait conclure son aventure internationale par une première Coupe du monde. À 34 ans, après cinq CAN disputées, l’Oranais voyait probablement cette édition 2026 comme sa dernière grande danse. Mais il en sera privé. Voici pourquoi.
Son comportement à la CAN a déplu à Petkovic
Selon les révélations d’El Khabar, Vladimir Petkovic craindrait une influence négative du caractère du joueur, notamment sur sa mauvaise gestion de la frustration, et ne souhaiterait prendre aucun risque concernant l’équilibre du vestiaire. Ce qui l’a conduit à se passer des services du buteur aux 86 sélections.
En effet, la CAN au Maroc a pesé lourd dans cette décision. Remplaçant durant le tournoi, Bounedjah avait très mal vécu ce statut. Ses réactions agacées lors de certains remplacements, mais aussi sa frustration publiquement exprimée concernant le manque de ballons reçus auraient fortement déplu au staff. Son absence du onze face au Nigeria en quart de finale avait également créé des tensions visibles.
À son âge et avec son vécu, Petkovic attendait sans doute d’un cadre expérimenté qu’il protège le collectif, et aurait été déçu en ce sens par Bounedjah. Le technicien bosnien, réputé pragmatique et strict dans sa gestion humaine, a donc tranché dans le vif.
Un profil pourtant utile sportivement
Sportivement pourtant, l’importance de Bounedjah restait réelle. Son profil de point d’appui, sa capacité à jouer dos au but et sa puissance physique apportaient une variété nécessaire dans l’effectif algérien.
Lors de la CAN, son entrée contre la RD Congo avait changé le visage des Fennecs, permettant au bloc algérien de remonter et de faire basculer le match. À l’inverse, son absence contre le Nigeria avait été publiquement évoquée par Eric Chelle, qui avait reconnu que cela avait facilité le travail des Super Eagles.
Aujourd’hui, les supporters algériens restent divisés. Certains regrettent la perte d’un profil rare dans l’effectif et d’un joueur de caractère. D’autres estiment au contraire que le joueur s’est progressivement sabordé lui-même par son comportement.
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