Planète champion International raccroche les crampons après dix ans à former les futurs étalons du football burkinabè. Le Français Philippe Ezri, directeur-fondateur de ce centre, a expliqué mercredi que le manque de fonds empêchait la poursuite de la formation – qui a permis à certains joueurs d’évoluer à l’étranger.


Le directeur-fondateur de Planète champion international (PCI), le Français Philippe Ezri, a déclaré mercredi à Ouagadougou que le premier centre de formation des jeunes footballeurs du Burkina Faso est sur le point de fermer boutique.

Fondé en 1997, le centre Planète champion international serait en train de mourir à petit feu, faute de financement.

Faisant le bilan des 10 années de fonctionnement du centre, au cours d’une conférence de presse, M. Ezri a souligné que son équipe a effectué un travail appréciable dans ce temple du savoir footballistique.

De ce bilan, il ressort que les pensionnaires de Planète champion ont participé à deux reprises à la Coupe d’Afrique des nations (CAN) des moins de 17 ans en 1999 à Conakry (Guinée), où le Burkina Faso s’est classé deuxième avec 12 joueurs de PCI.

En 2001 aux Seychelles, les Etalons cadets ont encore occupé la 2ème place avec 8 joueurs de ce centre de formation.

Sur le plan mondial, les Etalons cadets ont participé en 1999 à la Coupe du monde, en Nouvelle Zélande, avec 10 joueurs de PCI et en 2001 à Trinidad et Tobago, l’équipe burkinabé a occupé la troisième place avec 7 joueurs de Planète champion international.

Au niveau des seniors, en 2002 au Mali, 3 joueurs des Etalons étaient des « planétaires », à savoir : Lamine Traoré, Soumaila Tassembédo et Wilfried Sanou.

« Aujourd’hui, au total 13 joueurs issus de PCI évoluent à l’extérieur et 23 évoluent en D1 du championnat burkinabé », a renseigné M. Ezri.

Mais, malgré tant de réussite, le promoteur français se dit bien obligé de mettre fin au projet, « déçu par la manière dont son centre et ses pensionnaires ont été traités ».

On se rappelle que certains pensionnaires avaient quitté le centre contre le gré de son directeur pour d’autres cieux (professionnalisme) et qu’en 2005, Planète champion avait brillamment remporté le championnat national de D2, mais la Fédération burkinabé de football (FBF) lui avait refusé la place en première division.

« Planète champion international est mis en veilleuse, donc susceptible d’être réveillé dès qu’il y a un repreneur », a finalement conclu M. Ezri.

Il a fait part, à ce propos, de son intention de remettre les locaux du centre ( « dont le loyer s’élevait à 800.000 FCFA le mois ») à la Mission apostolique qui en est le propriétaire.

Le matériel de l’établissement sportif sera distribué aux travailleurs du centre et M. Ezri compte honorer les salaires de ses employés pendant une année encore.

Mais, le cœur du Français restant visiblement toujours attaché au football burkinabé, il déclare, sur un ton beaucoup plus gai : « Il est possible que le Burkina aille en Coupe du monde en 2010 en Afrique du Sud ».

« Si je suis mandaté, je formerai la dream team des Etalons en faisant appel à des encadreurs de qualité », a-t-il fait remarquer.

« Pour le moment, c’est la pépinière du football burkinabé qui est en berne, car de tous les centres actuels (centre Naba Kango à Ouahigouya (Nord), centre de la FBF à Bobo Dioulasso), aucun d’entre eux n’a encore autant fait honneur au Faso », a affirmé M. Ezri.

Photo : Sidwaya