Ce dimanche soir le Gabon recevait le Mali dans son enceinte de l’Amitié Sino Gabonaise pour valider un ticket pour les demi-finales de la CAN. Les Aigles se sont qualifiés sans la manière dans un des meilleurs matches de la compétition (1-1, 5-4 tab). Il aura fallu attendre la prolongation et le tir raté d’Aubameyang pour mettre fin à la belle aventure gabonaise. Le Mali réalise, lui, le hold-up parfait.


Dans une enceinte qui reprenait l’hymne national comme un seul homme, l’ambiance était au rendez-vous, car les 40 000 supporters du Gabon savaient que les Panthères avaient rendez-vous avec l’Histoire.

Panthère Noster

La meilleure équipe des poules avec la Côte d’Ivoire, évoluait dans une atmosphère quasi religieuse. Les Gabonais récitaient donc un Panthère Noster appliqué avec une trinité offensive Mouloungui-Cousin-Aubameyang. Le Stéphanois récitait le football zélé, mais pressé, des nouveaux convertis. Trop court sur une ouverture de Cousin (21e), il voyait le montant gauche repousser son lob dans un silence de cathédrale (29e). Dans le rôle du Père, ou plutôt du Cousin, le joueur du FC Sapin servait de relais. Il initiait alors une relation quasi exclusive, où le second fournissait le premier sans faire prier. Déviation, passe en profondeur, jeu en pivot, l’ex manceau étalait la palette de ses qualités. Trop lent, il laissait à son fils spirituel le soin de finir les actions qu’il initiait pour envoyer tout un peuple au 7e ciel. Troisième roue du carrosse, Mouloungui devait, lui, porter seul sa croix. Que ce soit sur coup franc (25e, 42e) ou de la tête (37e), le Niçois endossait le rôle du fils prodigue, malheureux dans ses tentatives. Mais le joueur de 27 ans était touché par la grâce sur une passe en retrait d’Aubemayang, il ajustait Ovono dans un stade aux anges (55e).

Mali : la pègre du Milieu

Magicien sur le terrain, Alain Giresse avait décidé de cadenasser le milieu. Il débutait donc la rencontre avec un milieu de terrain renforcé, laissant à son tracteur sochalien, Modibo Maïga, le soin d’animer la ligne d’attaque. La pègre du milieu trouvait son homme de main en la personne de A. Traoré. La révélations de la sélection suppléait un Seydou Keita tonton flingueur vieillissant. Bien placé dans les intervalles, le Bordelais, régalait ses coéquipiers par ses une-deux (18e, 25e) et son jeu en mouvement. Mais toutes ses tentatives trouvaient un pied ou un corps gabonais pour le contrarier. Dans la lignée de prestations bien ternes le Mali, les Aigles ont longtemps semblé impuissants. En défense tout d’abord, où Berthe aux grands pieds les utilisait fort mal. Enrhumé par le buteur (22e), il prenait l’eau en même temps que sa biscotte. En attaque, où Sow traversait la rencontre comme un fantôme et s’en remettait à un Maiga esseulé qui butait sur Ovono (57e,71e). La solution est venue d’un éclair du rentrant Diabaté (83e) qui envoyait les Aigles vers des prolongations inespérées. C’était alors un autre match qui débutait. Des Maliens bagarreurs venaient bousculer des Gabonais en plein doute. Signe des temps, c’étaient les Maliens qui se faisaient entendre dans une enceinte médusée, Seydou Keita manquant même le but du hold-hup (120e). Mais ce n’était que partie remise pour le Barcelonais. Le score n’évoluant pas on se dirigea vers la loterie des tirs aux buts.
Une fois n’est pas coutume, c’était aux gardiens de faire le spectacle. Tout près de toucher le cuir sur sa gauche par trois, la Panthère rose Ovono avait beau se démener, c’était Diakité stoppait la 4e tentative gabonaise, d’un Aubameyang trop sur de lui. Seydou Keita, lui, ne tremblait pas et signait un cinq sur cinq de son équipe aux tirs au but qui l’envoyait directement en demi-finale.

Qualifié au bout du suspense, le Mali s’est une nouvelle fois sorti d’une situation bien mal engagée. Le Gabon peut nourrir de gros regrets au vu d’un match qu’il a longtemps dominé de la tête et des épaules. Alors que les Panthères restent encore une fois au quai des quarts de finale, le Mali affrontera la Côte d’Ivoire en demi-finale.