La CAN 2012 vient de débuter. Les Ecureuils ne sont pas là mais tout le Bénin va suivre la compétition. Avant le coup d’envoi, la seule prière des Béninois est que l’énergie électrique ne leur fausse pas compagnie.


(de notre correspondant)

Guinée équatoriale–Libye (1-0). A l’évocation de cette affiche d’ouverture de la CAN 2012, certains Béninois, fans du beau spectacle, étaient déjà excités à l’image de Renaud: « C’est encore parti pour les belles images, les beaux gestes techniques à la télévision. » Il pense à ces trois semaines de compétition sans répits. Élève en classe d’examen, il a conçu un emploi du temps spécial pour cette période surtout que la quasi-totalité des rencontres seront jouées en soirée. « Je ne pense pas rater un seul match de la CAN 2012. C’est une chance pour moi d’être témoin de l’histoire« , déclare-t-il.

Comme Renaud, ils sont nombreux ces Béninois qui se disent déjà prêts pour la CAN 2012. Flavien vient de quitter l’atelier d’un réparateur de poste téléviseur. « C’était juste un contrôle de routine que j’ai fait faire par le technicien. Je veux avoir des images nettes. Je suis désolé pour les Ecureuils qui ne sont pas qualifiés. Mais cela n’émousse nullement mes ardeurs. Je suis un amoureux du foot et j’ai foi en ces 16 meilleures équipes africaines pour nous assurer le spectacle tant attendu« , lâche-t-il tout décontracté.

Elément perturbateur

Les Béninois n’attendent que le coup d’envoi de la CAN 2012 de football. Dans certaines localités du pays, comme à l’accoutumée, des espaces sont aménagés pour installer des écrans géants afin de transformer cette période de compétition en des moments de joie, d’allégresse et de fête. Seulement, certains fanatiques craignent que tout ce préparatif tombe à l’eau. Leur crainte est relative à la fourniture en continu de l’énergie électrique. « Si après avoir réglé ses factures de courant, la SBEE (la Société béninoise d’énergie électrique, NDLR) ne prend pas ses dispositions pour nous épargner des coupures intempestives du courant, on ne sera pas content« , prévient Elysée, un jeune.

Mais à la SBEE, où travaillent aussi beaucoup de fans du foot, l’on se prépare pour ne pas décevoir les clients. Le directeur régional de Parakou, ville située au nord-est du pays a rassuré les consommateurs quant à la fourniture, sans coupure, du courant pendant la CAN. Une déclaration qui amène Elvire, une mère au foyer à dire : « S’ils coupent le courant, ils seront limogés par le Chef de l’Etat. » Elle rappelle ainsi l’acte posé par le président zimbabwéen en juin 2010. Suite à une coupure du courant en pleine Coupe du monde, Robert Mugabe a remercié son ministre de l’Energie. Malgré sa contribution au bonheur de la jeunesse béninoise, dame Elvire regrette quand même la perturbation des programmes télé en cette période. « Avec la CAN, je ne pourrai plus suivre mes feuilletons en début de soirée. C’est dommage. Néanmoins, je dis Vive la CAN pour les amoureux du football« , conclut-elle.

La CAN, c’est l’affaire de tous. Les citoyens des pays non qualifiés participent aussi à la beauté de l’événement continental dont la renommée dépasse largement les frontières de l’Afrique.