Ce samedi soir la Côte d’Ivoire affrontait la Guinée équatoriale pour le compte du deuxième quart de finale de la CAN 2012. Dans une enceinte de Bata bouillante, la Côte d’Ivoire est venue à bout de la Guinée équatoriale (3-0). Un score lourd pour le pays hôte mais à la hauteur des individualités ivoiriennes.


Pour son premier test sérieux dans cette CAN, la Côte d’Ivoire avait des choses à prouver plus qu’à se prouver. Sûrs de leur force, les Éléphants débarquaient devant les 15 000 spectateurs de Bata avec quelque certitudes, dont une défense en ivoire massif, avec zéro but encaissé dans le phase de poule. Mais c’était bien du jeu qu’on attendait du côté d’Abidjan. Et il fallait mettre les lunettes de François Zahoui pour se réjouir du jeu proposé par ses hommes.

Dans la lignée de leurs dernières sorties

A l’image de leurs précédentes sorties, les Éléphants ont dominé sans se créer une myriade d’occasions. En application des principes prônés par leur entraîneur, ils ont avant tout bien fermé la boutique, avant de s’en remettre à des exploits personnels. Bien sur, c’est l’inévitable Didier Drogba qui s’y est collé. Qui d’autre que lui pouvait se charger de transformer un penalty hélas simulé par Gradel ? Danilo s’occupait de maintenir le suspense, et ne relâchait pas le ballon dans les pieds de son vis à vis, comme l’avait fait le malheureux Akram quelques heures plus tôt. L’attaquant des Blues n’avait pas le temps de gamberger, et inscrivait un but à sa manière (36e). Après une chevauchée côté droit, il effaçait deux défenseurs pour fusiller celui qui avait été son bourreau. Sans doute rancunier, l’ancien Marseillais prouvait qu’il avait une mémoire d’éléphant et martyrisait à nouveau Danilo sur coup franc. D’une tête surpuissante, il reprenait l’offrande de Yaya Touré (69e). Il n’en fallait pas davantage pour calmer le stade de Bata. Volontaire, le pauvre Gervinho se démenait par contre sans beaucoup de succès. Trop gourmands face aux défenseurs (4e, 61e), le Gunner n’eut pas la réussite de son coéquipier.

Et si on échangeait les gardiens ?

Dans les rangs Équato-guinéens on a encore vu un bon Balboa. Plus Rocky que Rambo, le joueur de Beira-Mar a multiplié les efforts côté gauche. Vainqueur au point d’un Gosso engoncé dans son couloir, il ne réussit jamais à mettre KO la défense des Éléphants, mal secondé par ses partenaires. Il était clair que la sélection de Gilson Paulo boxait dans une autre catégorie. A l’image d’un « Killy » Alvarez, généreux mais imprécis, il a manqué un tueur du côté du Nzalang. Moins impressionnants, après un beau parcours initial, dans la dernière journée contre la Zambie (1-0), les Equatoguinéens ont confirmé qu’ils avaient tout à envier à leur voisins d’Afrique de l’Ouest, si ce n’est…. leur gardien. Alors que Barry Copa affichait sa fébrilité, que ce soit dans ses sorties (40e) ou dans son placement (45e), le vétéran de Lokeren a pu apprécié la vista de son homologue. Dans une compétition qui ne brille pas par les parades fulgurantes de ses portiers, Danilo a prouvé qu’il faisait parti du top 3 africain de cette CAN. Impeccable face à Drogba sur penalty, il affichait sa belle détente face à Gervinho (56e). Impuissant sur le boulet de canon de Yaya Touré aux 30 mètres (81e), le portier de l’America est le vrai motif de satisfaction de sa sélection.

La Guinée équatoriale, 151e au classement FIFA, quitte la compétition sans regrets, elle dont la présence à ce niveau était déjà un exploit. Avec cette courte victoire, la Côte d’Ivoire qui rejoint la Zambie en demi-finale, peut se voir opposer le deuxième pays organisateur, si le Gabon parvient à se débarrasser du Mali, dimanche 5 février (17h).