Dans le stade de Malabo le Ghana et le Mali, sortis en demi finale, avaient une ultime rencontre à disputer, avec en vue une troisième place honorifique. Ce sont finalement les Aigles maliens, joueurs et motivés, qui l’ont emporté face à des Ghanéens rapidement sonnés par l’ouverture du score de Diabaté (25e), auteur du doublé (81e) et qui ont joué les 20 dernières minutes à dix.


Première bonne surprise d’une soirée prometteuse, l’enceinte de Malabo s’était garnie d’une joyeuse assemblée de supporters, qui donnaient de la voix et du tambour dans une ambiance festive jusqu’alors rarement entrevue dans les enceintes-funérariums qui ont hébergé les matches de la compétition.

Beaucoup d’observateurs annonçaient une équipe du Ghana démobilisée par son élimination face à un Mali surmotivé. Pourtant en début de match les Black Stars prenaient peu à peu la mesure d’une équipe du Mali arrivée avec de meilleures intentions.

Une histoire de duo

L’équipe d’Alain Giresse présentait une attaque aux deux visages, avec un duo Diabaté-Dembélé. Titulaire surprise, le second soufflait le show, avec ses provocations et une belle activité sur son côté. Souvent disponible il faisait pencher le jeu malien à gauche. Le joueur du FC Fribourg était par contre plus malheureux sur ses tentatives. Sur un billard dans la surface où il était légèrement trop court (21e) ou sur un centre tir qui échouait sur la barre transversale (7e). Une activité indirectement récompensée avec l’expulsion de son garde du corps, Vorsah (65e). Le Bordelais semblait lui plutôt souffler plutôt le froid, trop statique et maladroit, dans le jeu du moins. Car la sentinelle était clairement en réussite dans ses tentatives. Il ouvrait le score sur un ballon qui traînait dans la surface (23e), puis doublait la mise à dix minute de la fin sur un centre de Tamboura (81e).

Les Aigles exploitaient pleinement leur qualité. Avec un gros pressing, haut dans la surface adverse pour gêner la relance, ils se regroupaient rapidement à chaque perte de balle. Un comportement généreux et clairement plus offensif qui tranchait avec les matches précédent. Alors qu’ils avaient peu montré avec des victoires chanceuses ou à l’arraché, les Maliens avaient à cœur de donner une autre image de leur football.

Un Maïga peut en cacher un autre

En face le duo des frères Ayew avaient le plus grand mal à s’accorder. Toujours aussi volontaire le cadet voyait ses tentatives échouer (75e, 88e). Preuve que les Black Stars n’étaient venus pour faire de la figuration, il montrait nettement des signes de nervosité, avec plusieurs mauvais gestes, sanctionnés par un carton jaune (25e). Pas davantage en réussite son aîné, André faisant preuve de la même malchance. Avec un nombre de sélection et de participation dans les grandes compétitions, qui le destine à battre tous les records, l’autre fils d’Abedi Pelé a confirmé ses difficultés à faire la différence dans cette CAN 2012.
Malgré de bonnes prestations l’ailier marseillais n’est pas encore au niveau des plus grands, mais alors que Drogba va peut être connaître à 33 ans sa première consécration, tous les espoirs lui sont néanmoins permis.

J’y suis, Giresse

Muet offensivement le Ghana ne trouvait jamais la solution et tombait sur des Aigles maliens qui avaient sortis leurs serres, à l’image de Maïga. Un Maïga pouvant en cacher un autre ce n’était pas Modibo mais son homonyme, Abdoulaye qui tenait la baraque en défense. Tout aussi athlétique que le tank sochalien, le joueur de l’USM Alger sauvait son équipe d’un beau tacle sur Asamoah (52e). Un tranchant qui contrastait avec l’agressivité mal contrôlée de son homologue Vorsah, multipliant les fautes et logiquement expulsé (65e) et tuait le suspense, laissant ses coéquipiers sonnés et diminués.

Volontaires et joueurs les Maliens ont trouvé les ressources pour effacer leurs prestations précédentes et sortir la tête haute de la compétition. Avec ce bon résultat, les coéquipiers de Keita rentrent dans l’histoire avec un podium historique depuis la finale perdue en 1972. Ce soir les Aigles ont brillé pour leur peuple devant des Black Stars bien pâles, qui mettront du temps à se remettre de leur double défaite.