CAN 2012: Maroc-Tunisie, petit match entre amis?

Nouveau derby maghrébin avec ce Maroc-Tunisie, match phare de la 1e journée du groupe C de la CAN 2012. Aigles et Lions se connaissent bien mais, plus qu'une simple histoire de suprématie régionale, c'est une place au second tour qui est en jeu.


Disons le tout de suite: Marocains et Tunisiens se connaissent bien. Si les deux sélections ne se sont pas affrontées depuis 2007, une bonne partie des internationaux locaux se sont affrontés lors des compétitions africaines: à la l'Espérance de Tunis la Ligue des Champions, au MAS de Fès la Coupe de la Confédération. 1-1, la belle se réglera à la CAN.

Au delà de la rivalité locale, du titre de roi d'Afrique du Nord, l'Algérie et l'Egypte étant restés à la maison, c'est toute une Coupe d'Afrique qui est en jeu. Raté le match d'ouverture obligera le vaincu à aller chercher deux résultat face au Niger, un bloc solide jamais facile à négocier qui a éliminé l'Afrique du Sud et l'Egypte, et le Gabon, le pays hôte de la compétition. Pour Eric Gerets, c'est l'incertitude: “C'est une Coupe d'Afrique des Nations. Tout peut arriver. Tu ne peux jamais rien prévoir”, explique le sélectionneur des Lions de l'Atlas. D'autant que certains de ses joueurs ne sont pas en forme. Si Oussama Assaïdi (Heerenveen) est rétabli, Marouane Chamakh (Arsenal), Houcine Kharja (Fiorentina), Ahmed Kantari (Brest) ou Abel Taarabt (Queens Park Rangers) sont cantonnés au banc en club. “Bien sûr, ça fait mal au coeur de voir des joueurs sur le banc mais, d'un autre côté, ils ont la fierté pour montrer dans leur équipe nationale qu'il faut compter sur eux dans le club où ils jouent, a dédramatisé le sélectionneur belge des Lions de l'Atlas. C'est pour ça que je suis sûr que cela va leur donner une motivation supplémentaire pour jouer des gros matches. Les joueurs qui n'évoluent pas régulièrement avec leurs clubs ne sont pas seulement motivés pour faire au mieux avec leur sélection mais aussi pour montrer leurs capacités à leurs coaches.

Le Maroc au complet

L'effet CAN jouera à plein. Comme la Révolution pour la Tunisie. Vainqueur de la Ligue des Champions puis du CHAN, les Tunisiens peuvent se mettre à rêver. “On a remporté le CHAN (Championnat d’Afrique des Nations, NDLR) pendant la Révolution. Maintenant il y a la Coupe d’Afrique et j’espère que la révolution nous donnera encore de la motivation. J’espère que l’on fera un bon parcours et pourquoi pas rentrer avec la Coupe d’Afrique. Je pense que rien n’est impossible“, confirme le meneur de jeu Oussama Darragi. Mais il ne faut pas oublier l'essentiel: un bon résultat facilitera la suite de la CAN. “Ce sera dur pour les deux équipes et on sait bien que le premier match dans ce genre de compétition est très important. C'est la clé de la réussite pour la suite du tournoi. Nous ferons tout pour gagner ce premier match, ce qui nous mettrait en confiance pour aller plus loin”, assure Issam Jemâa, un temps incertain mais qui devrait pouvoir tenir sa place ce lundi.

Sur le terrain, Gerets devrait pouvoir compter sur son équipe-type (Lamyaghri – Basser, Benatia, Kantari, El Kaddouri – Belhanda, Kharja, Boussoufa, Amrabat, Taarabt – Chamakh). Mais il va se heurter à un mur. Les Aigles de Carthage ont prouvé lors de leur matches amicaux qu'ils avaient du répondant. Et une défense particulièrement solide. Avec des joueurs offensifs techniques, à l'image du trio de l'Espérance de Tunis Darragi-Msakni-Traoui, les hommes de Sami Trabelsi viennent avec des armes. “Le match contre contre le Maroc est très important mais pas décisif, souffle le technicien tunisien. Nous faisons partie des candidats au titre. Nous sommes en forme, et c'est important de bien commencer.

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Ali Makhan