Alors que l’UEFA, l’AFC et la CONCACAF ont claqué la porte au nez de Gianni Infantino, qui veut procéder à une privatisation partielle de la Coupe du monde, la Confédération africaine de football, elle, l’a entrebâillée. Une position à contre-courant qui interroge autant qu’elle s’explique par les liens étroits entre son président et celui de la FIFA.
Baptisée FIFA Forward Enterprise, la future filiale commerciale de la FIFA doit gérer les droits des grandes compétitions – Coupe du monde masculine, féminine et Mondial des clubs – et ouvrir 20 % de son capital, valorisé à 20 milliards de dollars, à des investisseurs privés proches de Donald Trump. La FIFA promet de redistribuer une partie de la manne aux fédérations qui soutiendront l’initiative, à hauteur d’environ 35 millions d’euros chacune, avant un vote du Conseil prévu après le 19 septembre.
La CAF, l’exception dans un concert d’oppositions
Alors que la Confédération africaine de football (CAF) a annoncé qu’elle évaluera cette proposition en comité exécutif la semaine prochaine, la presse épingle l’instance dirigeante du football africain. RMC Sport parle d’une « faille dans la résistance » face à Infantino, jugeant toutefois la “position à contre-courant” de la CAF peu surprenante compte tenu de la proximité entre le dirigeant suisse et Patrice Motsepe, malgré de récentes rumeurs affirmant qu’il l’aurait lâché. Le média rappelle l’enjeu du chèque promis à chaque fédération et anticipe que la CAF, soutien confirmé d’Infantino avant l’élection présidentielle de la FIFA en mars 2027, ne rejoindra pas la fronde.
L’Équipe partage ce constat en soulignant que la CAF “ne rejoint pas l’opposition” et est la première confédération à ne pas s’opposer publiquement au projet, quand l’UEFA a dénoncé une FIFA qui utiliserait le football pour s’enrichir, et que la CONCACAF s’est dite préoccupée par le non-respect des procédures. Foot Mercato relève le même écart en soulignant que, la CAF, “se dit, de son côté, à l’écoute du projet“. Côté hispanophone, le média UHN Deportes s’étonne de la “prudence marquée de la CAF“.
La CAF soumise à la FIFA ?
Les réactions sont encore plus tranchées sur les réseaux sociaux. Le journaliste Romain Molina estime ainsi que « la CAF poursuit son numéro de soumission et ne critique aucunement la FIFA ». Son confrère Sébastien Vidal résume en une phrase : « La CAF va soutenir le fossoyeur du football mondial ». Sans filtre, un twittos, DoxYs, lâche que “la CAF est trop le nègre de maison de la FIFA“.
Sans surprise, la CAF poursuit son numéro de soumission et ne critique aucunement la FIFA puisqu'elle examinera même la proposition#CoucouchePanier https://t.co/9V7ElEegFy
— Romain Molina (@Romain_Molina) July 29, 2026
L’insideuse Footeuse, elle, relie le dossier au contexte politique plus large : “La CAF a déjà oublié que Trump a refusé que des acteurs du foot et des supporters se rendent à la Coupe du monde et s’empresse d’étudier la proposition de la dynastie Trump au lieu de dénoncer ?” Elle conclut, cinglante : « L’indécence n’a pas de limite… ».
“Sommes-nous encore étonnés ?” : des supporters désabusés par l’attitude de la CAF
D’autres comptes s’étonnent même que cette prise de position de la CAF puisse encore surprendre. Difou92 demande simplement « Sommes-nous étonnés de ce genre de prise de position de la part de la CAF ? », tandis que 99pato y voit une conséquence logique des rapports de force en interne, jugeant que « Trump tient Infantino, Infantino tient Motsepe C’est juste logique que la CAF ne soit pas contre ».
Entre realpolitik continentale et incitation financière, la position de la CAF s’annonce comme l’un des points les plus commentés de ce feuilleton dans les semaines à venir, à mesure que la date butoir du 19 septembre se rapproche.
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