Gabon-Ndong : “Tout est possible pour la CAN 2015”

A quatre mois du début de la phase de groupes des éliminatoires de la CAN 2015, Henri Ndong estime que le temps presse. Alors qu le Gabon n'a toujours pas de sélectionneur, le défenseur de l'AJ Auxerre souhaite voir les instances locales accélérer leurs démarches pour que l'équipe se mette en place, d'autant plus qu'il nourrit quelques ambitions pour la compétition qui aura lieu au Maroc.



 Revoir la première partie de l'entretien avec Henri Ndong

Au niveau national, tu comptes désormais une bonne dizaine de sélections sous les couleurs du Gabon, avec qui tu as gagné le CAN des moins de 23 ans au Maroc. Comment s'est passé cette aventure ?

Même si on a ramené le titre, c'était malgré tout une CAN très difficile à cause de la préparation qui n'a pas été idéale. Elle n'a d'ailleurs pratiquement pas eu lieu. Quatre à cinq joueurs n'étaient pas avec le groupe et sont arrivés après les autres, à deux jours du premier match. D'ailleurs on l'a perdu contre l'Egypte qui, elle, était prête. Mais malgré des soucis d'organisation on s'est dit dans le groupe qu'il fallait se battre car on sentait qu'on pouvait quand même faire quelque chose. On s'est juste focalisé sur le terrain pour essayer d'apporter un trophée au pays.

Après près d'un an sans président à la tête de la Fédération, les choses sont rentrées dans l'ordre et ne manque plus qu'un sélectionneur. Il y a un débat autour de ce choix pour savoir s'il doit être local ou étranger. Quel serait ta préférence ?

Le Gabon gagnerait à avoir un sélectionneur avec un vécu européen. Pas forcément un Européen, mais un technicien qui a eu à officier en Europe afin d'apporter des méthodes de travail avec lui. Ce pourrait être un ancien international par exemple. Parce que quand tu vois les méthodes de chez nous et celles en Europe ce n'est pas du tout pareil. Je suis arrivé en sélection alors qu'il y avait un entraîneur européen à la tête des Panthères, alors qu'en club mes entraîneurs étaient locaux. Et j'ai pu constater la différence.

Lesquelles ?

Par exemple un entraîneur avec un vécu européen préparera plus le joueur avant qu'il ne s'exporte à l'étranger, et en Europe dans mon cas. Il y a eu beaucoup de choses que j'ai commencé à connaître avec le sélectionneur avant d'arriver à Auxerre. Ça m'a fait gagner du temps, c'était comme une sorte d’antichambre avant de découvrir les championnats européens. C'est beaucoup plus bénéfique pour des joueurs qui n'ont jamais côtoyé le monde professionnel. Au moins ils savent qu'ils ont quelqu'un qui va les préparer. Dans mon cas je sais que ça m'a été bénéfique.

Dans quatre mois, le Gabon va débuter la phase de groupes des éliminatoires de la CAN 2015, notamment contre le Burkina Faso et l'Angola. Pour l'heure votre préparation n'est pas connue. Tu t'imagines si cela vous coûte la qualification ?

Une CAN 2015 sans le Gabon ? Non. Après, on va voir comment nous allons nous organiser car il faut du temps pour préparer une équipe. Les choses rentrent dans l'ordre à la fédération mais on n'a toujours pas de sélectionneur. Il faut donc d'abord le trouver et le mettre dans les meilleures conditions pour qu'il prépare l'équipe. Ce n'est pas quelque chose qui se fait du jour au lendemain. Mais personnellement, je me suis fait un programme pour jouer la CAN 2015. C'est un objectif. D'abord jouer le plus possible à Auxerre en étant performant et ensuite qualifier mon pays pour la CAN si on fait appel à moi. En plus elle va se joueur au Maroc, là où on l'a gagnée avec les Jeunes, c'est peut-être un signe.

Surtout que sur le papier l'équipe commence à être intéressante…

Il y a toujours eu des joueurs talentueux au Gabon. La preuve c'est que nous avons décroché le titre il y a deux ans dans une catégorie où personne ne nous attendait. Ce groupe là commence à arriver chez les A. Les plus jeunes sont guidés par les plus anciens comme Bruno Ecuelé-Manga. Je pense qu'on a une très bonne équipe. Il suffit de mettre tout le monde dans de bonnes conditions pour pouvoir bien travailler et se préparer au mieux. Tout est possible.

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Mansour Loum