En à peine sept ans, Idrissa Gueye (21 ans) est passé de l’Institut Diambars (Sénégal) au Stade de France. C’était en mai, lorsque le jeune milieu sénégalais remportait avec Lille la coupe de France, avant de remporter deux semaines plus tard le championnat. Mais le natif de Dakar a encore beaucoup de défis qui l’attendent: gagner ses galons de titulaire avec le LOSC et connaitre sa première sélection chez les Lions de la Téranga. De cette voix qui transpire la maturité, le coéquipier de Moussa Sow fait le point, en exclusivité, avec Afrik-foot.


Afrik-foot : Idrissa, as-tu eu de bonnes sensations lors de ton entrée face à Nancy lors de la première journée de Ligue 1 ?

Idrissa Gueye: Oui, comme je me suis bien échauffé avant d’entrer sur le terrain, j’ai réussi à trouver le rythme. Après c’est bête de concéder le nul sur une erreur défensive (but de Franck Béria contre son camp, NDLR). Mais le résultat est encourageant, car nous avons montré que nous n’avons rien perdu de notre capacité à bien garder le ballon.

Justement, est-ce que tu penses que le LOSC, malgré le départ de certains cadres (Gervinho, Rami, Cabaye) est aussi fort que l’année dernière et sera en mesure de conserver son titre ?

L’objectif cette saison ne sera pas de garder le titre mais plutôt de finir dans les deux premiers. Nous pourrions ainsi jouer la Ligue des Champions à nouveau la saison prochaine, et cette fois-ci dans le grand stade (livraison pour juillet 2012). En ce qui concerne le départ des cadres, je considère que les nouvelles recrues, à défaut de les remplacer, sont capables d’avoir un rendement équivalent. Et puis nous avons fait en sorte des les intégrer au mieux.

Ton club étant engagé en Ligue des Champions, est-ce que tu t’attends à avoir davantage de temps de jeu cette saison ?

Je l’espère. Même si le coach (Rudi Garcia) m’a dit que je n’avais qu’un statut de remplaçant, je donne tout à l’entraînement pour lui montrer que je mérite d’être titulaire. Mais de toute façon, je suis encore jeune et je continue de faire ma progression au LOSC, en espérant un jour pouvoir évoluer dans l’un des mes deux clubs de cœur, Marseille et Manchester United.

Avant de rejoindre le LOSC, tu as été formé à l’Institut Diambars au Sénégal. Que retiens-tu de cette expérience ?

J’en garde un très bon souvenir. J’y suis arrivé à l’âge de 14 ans et ils m’ont tout de suite mis dans les meilleures dispositions pour devenir joueur professionnel. Pour moi ce centre de formation est un modèle à suivre pour le développement du football sénégalais voire africain. Ce n’est pas un hasard si Serigne Modou Kara Mbodji, également formé à l’Institut, a été appelé en sélection.

Comment expliques-tu d’ailleurs que tu n’aies pas encore été appelé en équipe nationale?

Je ne suis pas pressé. A moi de glaner plus de temps de jeu en Ligue 1 et ensuite on verra. C’est ce qui fait la différence avec Rémi Gomis (Valenciennes, France) et Mohamed Diamé (Wigan, Angleterre). Même si je ne pense pas qu’ils soient meilleurs que moi, ils sont titulaires dans leur club. Mais je ne m’inquiète pas car je suis souvent en contact avec le sélectionneur (Amara Traoré). Il m’a clairement dit que je ferai partie de la sélection dans les années à venir.

Ce ne sera vraisemblablement pas le cas de Mbaye Niang, qui vient de choisir l’equipe de France. Est-ce que tu as été surpris ?

Oui car je pensais qu’il allait choisir le Sénégal. Je n’en ai pas encore parlé avec lui mais peut-être que la sélection olympique sénégalaise (Niang a été convoqué en juin pour un match de qualification pour les JO 2012 contre la Tunisie, match qu’il n’a finalement pas pu disputer à cause d’un problème administratif) ne lui a pas plu.