Kebano, la belle histoire belge

Formé au Paris Saint-Germain, Neeskens Kebano a dû, comme beaucoup, quitter la capitale française pour briller. Après un prêt sans saveur à Caen, le Congolais brille depuis 2013 sous les couleurs de Charleroi.


En juin 2011, Neeskens Kebano devient un joueur de football professionnel et signe son premier contrat en présence président parisien de l'époque, Robin Leproux. A cette époque le natif de Montereau espère “prendre [ses] marques dans le groupe et progresser“. Seulement, quelques semaines plus tard, QSI arrive au PSG et la ville lumière met de côté la plupart de ses enfants. Neeskens, prénommé ainsi en référence au glorieux footballeur batave, joue neuf matches avec les Parisiens avant de comprendre que son avenir s’écrit inévitablement ailleurs.

Le rebond à Charleroi

Devant l'impossibilité de jouer régulièrement dans son club de cœur, Kebano se résout à partir. D'abord en prêt, au Stade Malherbe de Caen. Problème, il se blesse au genou pour un peu plus de trois mois, ce qui l'empêche de convaincre sur le long terme. Après 16 matches et 2 buts, retour au PSG. Toujours barré par la concurrence grandissante à son poste, milieu offensif, l'ancien international français chez les équipes de jeunes se dirige vers Charleroi.

La Belgique semble être le championnat idéal pour sa progression, avec une belle chance donnée aux jeunes joueurs et un niveau de jeu assez intéressant. Sa première saison sera plutôt bonne, avec 5 buts et 2 passes décisives en Jupiler Ligue. L'ancien Parisien s'adapte tout doucement à un championnat qu'il s'apprête à totalement dompter.

2014-2015 : L'explosion

Après un premier exercice qui laisse entrevoir de belles qualités, Kebano doit confirmer et même progresser à l’orée d'une saison 2014-2015 où son équipe de Charleroi vise une qualification en play-offs. Pas toujours titulaire lors des huit premières journées, la saison de l'enfant de banlieue parisienne semble mal démarrer. Pourtant, son but égalisateur face à Genk (9e journée) alors qu'il était remplaçant va l'installer dans le onze titulaire. Hormis lors de la 11e journée, il sera aligné à tous les matches de championnat suivants.

Sa vitesse, son habilité balle au pied et son sens du jeu font fureur. Des performances qui vont lui permettre d'être sélectionné en équipe nationale. Une fois toutes les démarches faites, le maillot des Léopards s'offre à lui. Pour sa première sélection, son but sur le terrain de la Côte d'Ivoire permet à la RD Congo de décrocher une victoire (4-3) précieuse pour la qualification à la CAN Guinée Equatoriale. L'ancien titi parisien est dans les 23 de Florent Ibenge pour la compétition.

2015 : Année de tous les changements ?

Au pays du Nzalang Nacional, la RDC va être la révélation du tournoi. Si Kebano ne joue que 30 minutes en deux matches, les coéquipiers de Yannick Bolasie finissent à une belle troisième place. Neeskens continue à emmagasiner de la confiance et de l'expérience. Au retour de la CAN, le numéro 92 reste dans ces standards en Jupiler League en marquant 3 buts et délivrant une passe décisive en 5 matches. Des partitions qui permettent à son club de Charleroi de se qualifier pour la première fois en play-offs. Objectif atteint.

Sur le plan personnel, Neeskens Kebano a décroché le Soulier d'Ebène, trophée récompensant le meilleur joueur africain (ou d'origine africaine) du championnat belge. Le joueur de poche (1m72) succède à des grands noms comme Fellaini, Kompany ou Amokachi, et a également été désigné meilleur joueur du club. Le petit jeune, heureux de signer son premier contrat pro au PSG, est définitivement dans la cour des grands, au point d’intéresser le géant d'Anderlecht en vue de la saison prochaine. Et si un jour le PSG regrettait de l'avoir laissé partir ?

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Thomas Bartoli