La CAN ne changera pas pour faire plaisir aux clubs

C'est l'éternel débat clubs-sélections: la CAN, jouée en début d'année, prive les formations européennes de leur meilleurs joueurs africains. Ce qui les gêne évidemment. Mais la CAF s'est montrée intransigeante: pas question de changer le calendrier.


La Coupe d'Afrique des Nations réunit les meilleurs joueurs du continent, tous les deux ans, au mois de janvier. Et, à chaque édition, elle traîne son cortège de mécontents. Notamment du côté des clubs européens, pas franchement ravis de laisser filer leurs meilleurs joueurs pour plus d'un mois. De Newcastle à l'OM en passant par Manchester City et Lens, les clubs européens ne font pas toujours dans la délicatesse quand il s'agit de libérer leurs joueurs africains. Mais quoi qu'en pensent certains dirigeants et entraîneurs en Europe, la CAN est là et bien là. Il faudra faire avec.

C'est, en substance, le message envoyé par Suketu Patel, le vice-président de la CAF, aux clubs européens. Et tant pis pour Brian Marwood, directeur administratif de Man City, qui assurait il y a peu que “la CAN est bizarrement placée à ce moment-là de la saison, où vous perdez des joueurs pour cinq ou six joueurs“. Mais, du côté de la Confédération africaine, pas question de changer son fusil d'épaule. “Peut-être que la solution ne vient pas de la Coupe d'Afrique. Mais plutôt du championnat anglais, répond Patel à la BBC. On ne peut pas observer la situation d'un problème purement anglais. La Premier League a ses problèmes, nous avons les nôtres. Le calendrier a été décidé en accord avec la FIFA. D'autant que les conditions climatiques dans certaines régions de l'Afrique ne nous permettent pas de jouer l'été (pour l'hémisphère Nord, NDLR). Il peut faire très chaud, notamment dans le Sud. Dans d'autres pays, il y a le problème de la pluie.

“Le problème vient peut-être de la Premier League”

Des changements dans le calendrier de la compétition, comme suggérés par le dirigeant anglais, arrangeraient certains clubs autant qu'ils en pénaliseraient d'autres. “Il faut se rendre compte qu'il y a des joueurs africains en Chine, au Qatar ou en Afrique du Sud… Là où le calendrier n'est pas le même qu'en Europe, a poursuivit Patel. Donc, si on jouait en juin, on aurait d'autres championnats qui râleraient et diraient exactement la même chose que Brian Marwood.

Je suis cependant d'accord avec lui sur une chose : peut-être que le nombre de matches joués en Angleterre est trop excessif. Ils ont tellement de compétitions : deux ou trois Coupes, la Ligue des Champions et le championnat national… Peut-être que le problème ne vient pas de nous mais de l'Angleterre“, a assuré le dirigeant seychellois, rappelant que la CAF a déjà ajusté l'organisation de la CAN, la faisant passer aux années impaires, histoire de ne pas faire doublon avec la Coupe du monde. D'autant que les clubs européens savent à quoi s'attendre en embauchant des joueurs africains. “Cela montre également l'importance des joueurs africains est grande. Malgré leur absence régulière, les clubs anglais continuent à les engager.

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Nicholas Mc Anally