Si le Togo s’est imposé face au Cameroun (2-0), dimanche soir à Lomé, les Eperviers se sont une nouvelle fois illustrés avec une préparation chaotique. Entre la mise à l’écart de cadres, la grève de l’entraînement en raison de primes non perçues, ou encore Romao qui ne souhaite pas se rendre en Libye, la sélection a encore déballé sur la grand place les problèmes qui la minent.


Une victoire en trompe-l’oeil pour les Eperviers. Victorieuse du Cameroun devant son public dimanche soir lors de la 4e journée des éliminatoires de la Coupe du monde 2014, la sélection du Togo a malgré tout vu resurgir ses vieux démons. Car si sur le terrain le succès a été au rendez-vous et que l’équipe s’est relancée dans la course à la qualification pour le Brésil, en coulisses, ce sont toujours les mêmes problèmes qui gangrènent le groupe de Didier Six.

Mais cette fois-ci, après les affaires de modifications des listes de Didier Six, les menaces de démission du sélectionneur ou encore les conflits entre les cadres de l’équipe et le technicien, les Eperviers se sont encore illustrés en faisant une grève de l’entraînement la veille de la rencontre face aux Lions Indomptables.

En raison des primes non perçues après le match amical gagné mardi soir à Malabo face à la Guinée Equatoriale, les coéquipiers de Serge Gakpé avaient décidé de boycotter le dernier entraînement en signe de protestation. Un moyen de tenter de faire pression sur les dirigeants de la Fédération togolaise et son président, Gabriel Ayemi.

Une session nocturne en urgence

Sauf que du côté des dirigeants, Amavi Patatu Ayayi, membre de l’instance a fait savoir qu’aucune prime n’était prévue pour cette rencontre… « Ce match, on ne l’a pas organisé comme un match amical classique. C’était surtout une préparation. La Guinée Equatoriale a donné un cachet qui ne pouvait pas couvrir la totalité des primes à verser aux joueurs« , a tenté d’expliquer Ayayi.

Au final, ce n’est qu’à l’issue d’une réunion effectuée dans l’urgence entre les différentes partie que le groupe de Didier Six a effectué une séance d’entraînement en nocturne, au stade de Kégué. Le tout avec un éclairage insuffisant. Pas la préparation rêvée, mais une préparation « à la togolaise », qui ne s’est finalement pas faite ressentir sur le terrain.

Romao ne souhaite pas se rendre en Libye

Les Eperviers, toujours derniers du groupe I pour le moment, se sont relancés dans ses éliminatoires pour revenir à deux points des leaders Camerounais et libyens. Une aubaine avant de se rendre à Benghazi le week-end prochain et d’y défier la Libye pour le compte de la 5e journée. Un déplacement qui est loin de réjouir la délégation togolaise et plus particulièrement Alaixys Romao.

Sur son compte Twitter, le milieu de terrain de l’OM évoque même l’idée de ne pas faire ce déplacement à hauts risques alors que la ville, berceau de la révolution, est soumise aux violences meurtrières entre groupes armés et militants anti-milices.

La FIFA va devoir trancher

« On ne veut pas jouer à Benghazi. On est très inquiets après ce qui s’est passé samedi. Il y a eu plus de trente morts et on veut nous envoyer là-bas ? En plus, vu les résultats des deux équipes, ce match pourrait être très tendu (…) C’est trop dangereux« , s’est inquiété l’ancien Lorientais dans les colonnes de L’Equipe. Les Eperviers restent traumatisés par l’attaque de leur bus à Cabinda alors qu’ils se rendaient à la CAN 2010 en Afrique du Sud. L’attaque avait fait deux morts parmi leur encadrement.

« Comment préparer un match dans ces conditions ? On n’a pas envie de vivre ça. On l’impression d’être jetés dans la gueule du loup« , s’insurge le Marseillais de 29 ans. Une décision devrait être prise par la FIFA cette semaine. La Libye a accueilli la RD Congo (0-0) vendredi à Tripoli pour son premier match à domicile depuis 32 mois. Bien que la rencontre se soit déroulée sans incident majeur, malgré le va et vient incessant des hélicoptères de combat, la situation sécuritaire demeure précaire. Les jours précédant la rencontre, les Léopards ont entendu des tirs d’armes à feu non loin de leur hôtel.