Convoité par plusieurs clubs européens à la suite d’un Mondial réussi, Raïs M’Bolhi a préféré la MLS et le Philadelphia Union. Un choix surprenant mais mûrement réfléchi.


« Je suis vraiment heureux d’être là aujourd’hui, c’est un grand jour. Je suis fier de faire partie de cette équipe« . Cette équipe c’est le Philadelphia Union, que Raïs M’Bolhi a décidé de rejoindre à l’issue du choix sans doute le plus important de sa carrière.

Globe-trotter infatigable (Ecosse, Grèce, Japon, Bulgarie et Russie), le gardien formé à l’OM ne bénéficiera sans doute plus jamais d’une côte aussi élevée que celle dont il dispose actuellement, à 28 ans, dans la lignée d’un Mondial où il s’est montré à son avantage. Alors pourquoi choisir un club de milieu de tableau de MLS qui ne compte que 6 années d’existence plutôt que Porto, Benfica, Leicester, QPR, Nice ou Trabzonspor, soit autant de clubs qui le convoitaient ?

Le blues du voyageur

Pas étonnant qu’il soit tant courtisé au vu du modique prix de sa clause libératoire au CSKA Sofia (300 000 euros). D’ailleurs le choix du dernier rempart de l’Algérie ne s’explique certainement pas par l’argent puisque les salaires sont plafonnés en MLS sauf pour trois « designated players » par équipe. M’Bolhi en fait-il partie ? Pas possible de le savoir pour l’instant puisque, « conformément à la politique du club et de la MLS, les termes de la transaction n’ont pas été divulgués« , indique la franchise de Pennsylvanie.

En concurrence avec Zac MacMath (22 ans) et le gardien international jamaïcain Andre Blake (23 ans), Raïs M’Bolhi ne fera pas ses grands débuts vendredi contre le Sporting Kansas. Si le Fennec débarque évidemment avec le statut de numéro 1, le club de Pennsylvanie préfère lui laisser le temps de s’acclimater à son nouvel environnement avant de l’aligner dans les buts.

Numéro 92 dans le dos, le Fennec semble davantage avoir été séduit par le projet. Il suit les résultats du club « depuis 7 mois » et a été pleinement convaincu par le discours de Nick Sakiewicz, le directeur du club, qui possède « une vraie vision » : « Je recherchais un club qui a des valeurs avec un très beau projet« , explique-t-il, aspirant enfin à la stabilité. « J’ai beaucoup voyagé mais je n’ai jamais vraiment eu la chance de rester dans un club et prouver ce que je sais faire. Dans tous les pays où j’ai joué, je ne me suis jamais vraiment bien senti« .

Alors, Raïs M’Bolhi s’amuse de choses tout simples, comme ce pont qui surplombe le PPL Park, futur théâtre de ses exploits. « On ne voit pas ce genre de chose en Europe !« . Posé et réfléchi sur sa ligne comme hors du rectangle vert, Raïs M’Bolhi aime la simplicité. C’est elle qui l’a guidé vers le pays de l’Oncle Sam et va lui permettre de vivre lui aussi son rêve américain.