Maroc: Gerets et les raisons de l’échec à la CAN 2012

Arrivé en héros au Maroc, Eric Gerets a survécu à l'échec des Lions de l'Atlas lors de la CAN 2012. Pour l'instant. Mais le technicien belge assume et se dit prêt à affronter l'avenir.


Deux défaites face à la Tunisie (1-2) et au Gabon (3-2), plus un victoire ricrac face au Niger (1-0), le Maroc a déçu lors de cette CAN 2012. Eric Gerets, le sélectionneur des Lions de l'Atlas, a décidé de rester malgré tout.

Et d'assumer ses choix. “Nous avons manqué de confiance, notamment lors de la deuxième mi-temps face au Gabon. Nous avons joué avec la peur au ventre. Certains joueurs se cachaient et n’osaient pas demander le ballon. Tout cela a joué un grand rôle dans le résultat final. Ce sont des choses que nous allons de nouveau travailler. Nous devons aussi tenir compte du fait que notre jeu est purement technique. Nous allons donc essayer d’introduire un peu de physique en essayant de trouver des joueurs qui peuvent aller à la tâche. Il nous faut un meilleur mélange entre l’aspect technique et physique“, a assuré le technicien belge dans un entretien fleuve au Matin.

Des problèmes chez les Lions

L'ancien entraîneur de l'OM a également fustigé les erreurs individuelles: “Pourquoi ne s’est-on pas qualifié ? Parce que nous avions commis trop d’erreurs individuelles dans les buts que nous avons pris. Même si nous n’avons pas été extraordinaires dans aucun des trois matches, nous n’avons jamais été inférieurs à nos adversaires. C’est rageant pour l’entraîneur que des joueurs qui sont très fiables soient largement au-dessous de leur qualité de base. Je ne dis pas qu’ils ont laissé tomber l’équipe, car ils ont donné le meilleur d’eux-mêmes, a-t-il expliqué. Je crois que Benatia, qui était un roc dans mon équipe, a eu malheureusement une CAN qui n’était pas à sa hauteur. C’était lui dans les matches de qualification qui a tiré vers le haut ma défense. J’ai besoin à nouveau de voir le Benatia d’avant parce que ça peut faire du bien à mon équipe et redonner confiance à ma défense. C’est un défenseur qui a des qualités énormes. Je ne sais pas pour quelles raisons il était transparent à la CAN. Tout le monde sait que mes deux latéraux sont meilleurs offensivement que défensivement, c’est pour cela qu’on a joué haut pour trouver un équilibre défensif. Pour revenir à mes latéraux, ils n’ont pas vraiment déçu, mais ils n’ont pas montré quelque chose d’extraordinaire. Malheureusement, il n’y a pas plus fort qu’eux en ce moment.

Autre problème récurrent, le manque d'entente entre les professionnels européens et les amateurs locaux. Selon une information Afrik-Foot, arabophones et francophones ne s'entendraient pas. Et ce manque de communication se retrouverait sur le terrain. Néanmoins, Gerets préfère se concentrer sur le match face au Burkina Faso, le 29 février. “Pour ce match, j’aurais voulu convoquer trois ou quatre nouveaux joueurs, mais il y en a un qui ne voulait pas venir. Donc, il y aura sûrement deux ou trois nouvelles têtes. On va continuer à chercher de meilleurs joueurs que ceux qu’on a actuellement. Et ce n’est pas évident de les trouver. À l’issue des réunions que nous avons tenues depuis l’élimination de la CAN, nous nous sommes rendu compte qu’il fallait continuer à donner confiance aux joueurs que nous avions déjà en les suivant attentivement dans leurs clubs. Nouredin Amrabt, par exemple, est un joueur qui a signé sa carte de visite lors du tournoi LG Cup à Marrakech, mais son rendement à la CAN était loin de répondre à nos attentes. Je vais profiter de mon voyage pour le suivre attentivement. C’est un joueur qui a beaucoup de qualités et qui est généreux. On va aussi continuer à suivre le championnat national qui va reprendre en espérant trouver des joueurs qui pourraient nous convaincre“, a-t-il affirmé, assurant cherche un meneur de jeu, Younes Belhanda n'ayant pas été particulièrement convaincant à ce poste.

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Ali Makhan