Cette fois, c’est bel et bien scellé. Walid Regragui ne sera bientôt plus le sélectionneur du Maroc. La Fédération marocaine de football (FRMF) a finalement accepté sa démission. Et, avant même l’officialisation de son départ, probablement à l’issue du comité exécutif de ce jeudi, le nom de son successeur a fuité, et c’est une surprise puisqu’il s’agira de Mohamed Ouhabi.
Le titre de champion du monde U20 décroché au Chili en octobre 2025 a placé Mohamed Ouahbi sur un véritable piédestal en interne. Très apprécié au sein de la FRMF, le technicien belgo-marocain de 49 ans va ainsi se voir confier une mission aussi prestigieuse que vertigineuse : tenter d’enchaîner avec un deuxième Mondial… cette fois à la tête des A.
À quatre mois de la Coupe du monde 2026, il devrait, selon toute vraisemblance, s’asseoir sur le banc des Lions de l’Atlas, révèlent Soccer212 et Foot Mercato. Un défi immense, sans doute celui d’une carrière, et une preuve de confiance considérable pour un entraîneur qui n’a encore jamais dirigé d’équipe senior au plus haut niveau.
INFO SOCCER212 🚨
— SOCCER212 (@SCCR_212) February 26, 2026
LA FRMF EST TOMBÉ D’ACCORD AVEC WALID REGRAGUI CONCERNANT UN DÉPART !
C’EST MOHAMED OUAHBI QUI VA DEVENIR SÉLECTIONNEUR DE L’ÉQUIPE NATIONALE DU MAROC ! pic.twitter.com/Zi3fdvbDS3
Une trajectoire sans passage par le monde pro
Né à Bruxelles, Mohamed Ouahbi entame sa carrière d’entraîneur très tôt, dès l’âge de 21 ans. À partir de la fin des années 1990, il officie au Maccabi Brussels, où il encadre des équipes de jeunes. Il appartient à cette catégorie d’entraîneurs « dans l’âme », n’ayant jamais connu de carrière de joueur professionnel.
En 2004, il rejoint Anderlecht et s’inscrit durablement dans le paysage du club bruxellois. Malgré près de deux décennies passées chez les Mauves, il ne dirigera jamais l’équipe première. Son unique expérience au sein du staff pro intervient en 2015, en tant que “T2” comme il est dit en Belgique, soit d’entraîneur adjoint, de Besnik Hasi, le temps d’une saison.
Une parenthèse brève mais formatrice : Anderlecht termine deuxième du championnat cette saison-là, décrochant au passage une qualification européenne. Pour le reste, Ouahbi s’illustre surtout dans le travail de formation à Neerpede, centre réputé pour son exigence et sa culture de la gagne. Il y remporte notamment le championnat de Belgique U17 en 2018 après avoir conduit les U21 en demi-finales de la Youth League en 2015.
Un profil de formateur reconnu
Au fil des années, Mohamed Ouahbi contribue à l’éclosion ou à la progression de plusieurs joueurs devenus internationaux. Parmi eux, les futurs “Diables Rouges” d’ascendance congolaise Youri Tielemans et Dodi Lukebakio, mais également les internationaux Leander Dendoncker et Youri Verschaeren. Plus récemment, il a également accompagné des talents prometteurs comme un certain Rayan Bounida. Le Maroc, qui convoite la pépite, s’offre donc une belle chance supplémentaire de l’attirer…
S’il faut tourner la page, Mohamed Ouahbi a le 𝗣𝗥𝗢𝗙𝗜𝗟 pour préparer la Coupe du Monde.
— FRMF Xtra (@FRMFXtra) February 11, 2026
Tarik Sektioui aussi a cette connexion naturelle avec la nouvelle génération. 🇲🇦👀pic.twitter.com/EJ0KwkUIp7
De bricoleur à sélectionneur d’un effectif de stars
Après 17 années dans la formation à Anderlecht, Mohamed Ouahbi passe d’un royaume à l’autre en 2022, et franchit un cap en rejoignant la Fédération marocaine. À la tête des U20, il connaît d’abord un échec cuisant avec la non-qualification pour la CAN 2023, mais revient plus fort en menant ensuite son équipe jusqu’en finale de l’édition 2025, ce qui lui ouvre les portes de la Coupe du monde, conclue en apothéose avec un sacre mondial et une identité de jeu flamboyante. Une consécration qui renforce considérablement son crédit.
Une déclaration en dit long sur l’ascension express de Ouhabi, qui avait récemment été promu sélectionneur des U23. “Je ne suis pas Guardiola ou Luis Enrique pour me dire : ‘je veux jouer comme ça et je ramène les joueurs qui vont me permettre de jouer comme ça’. J’essaie de prendre les meilleurs joueurs, vraiment. Même si j’ai deux ou trois numéro 10. J’ai déjà joué des matchs avec quatre numéro 10. (…) Je me suis adapté au profil de joueurs que j’avais“, racontait récemment Ouhabi pour le compte Les Sentinelles de l’Atlas.
Mohamed Ouahbi a une mentalité qui correspond au projet. 🇲🇦👀
— FRMF Xtra (@FRMFXtra) February 12, 2026
Franchement, lui ou Sektioui, que ce soit comme sélectionneur ou adjoint, ça reste une bonne option. pic.twitter.com/FykvGCBi7n
Habitué à composer, à ajuster et parfois donc à bricoler avec des effectifs jeunes, Ouhabi se retrouve désormais face à une toute autre réalité : gérer une sélection A pleine de stars et engagée dans une Coupe du monde. Attendu surtout comme adjoint, il se voit finalement confier le sésame plutôt que de Tarik Sektioui, qui apparaissait comme un successeur logique de Regragui sur le papier, mais qui se serait heurté à la réticence du vestiaire.

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