Le 17 mars, le jury d’appel de la Confédération africaine de football (CAF) a acté la défaite du Sénégal sur tapis vert en finale de la CAN 2025, initialement remportée sur le terrain face au Maroc.
Rapidement, des rumeurs ont toutefois fait état d’un possible problème avec la composition du jury d’appel. En effet, parmi les cinq membres qui ont statué, figurait Moez Ben Taher Nasri, président de la Fédération tunisienne de football (FTF), ce qui pose la question de son impartialité alors que les membres du jury sont censés être indépendants et détachés de toute fonction “politique”.
Interrogé à ce sujet dimanche en conférence de presse, lorsqu’il a fait une série d’annonces suite à la finale de la CAN 2025, Patrice Motsepe, le président de la CAF, s’est expliqué sur ce point. Dans son style de showman habituel, le Sud-Africain n’a pas caché qu’il a lui-même tiqué en découvrant la composition du jury, avant d’expliquer que les arguments qui lui ont été présentés pour justifier la présence de Moez Ben Taher Nasri l’ont convaincu.
“Les gars, c’est quoi ce bazar ?”, Motsepe a halluciné
“Quand on m’a informé que l’une des personnes du jury était le président d’une association membre, j’ai dit ‘les gars, c’est quoi ce bazar ?’ J’ai immédiatement dit : ‘mais les gars, il n’aurait pas dû être là !’ Et ils m’ont donné toutes sortes d’explications juridiques. On m’a dit qu’il y avait une raison juridique absolument valable pour sa présence. C’est un avocat, il a été nommé. On me dit que cela a été fait dans les règles. Et ensuite ils ont dit que c’est ce qui se fait partout dans le monde, dans toutes les instances“, a expliqué le boss du football africain sans forcément convaincre.
Un “casse-tête” avec le Sénégalais Ousmane Kane du jury disciplinaire
Pour aller plus loin dans sa démonstration, Motsepe a rappelé que le président de la commission de discipline de la CAF, l’organisme qui avait jugé l’affaire en première instance en février, est un Sénégalais, Ousmane Kane, qui n’avait toutefois pas siégé pour l’occasion en raison du caractère particulier du dossier pour lui.
“Le président de la commission de discipline est du Sénégal, et il n’a pas siégé lors de cette réunion, ce qui était correct, quand la commission de discipline a pris cette décision. Mais la première fois que je l’ai rencontré, je ne le connaissais pas, et j’ai insisté, et je lui ai dit : ‘écoutez, quand les noms ont été discutés au Comité exécutif parmi toutes les associations membres, on m’a dit : Président, ce monsieur est du Sénégal, c’est un casse-tête, sa présence va poser beaucoup de problèmes’. J’ai dit : ‘c’est justement pour ça que je le veux.’ C’est exactement pour ça, parce que si c’est une personne aussi têtue et indépendante, c’est exactement ce dont nous avons besoin. Quelqu’un qui examinera la loi, arrivera à une décision et dira : ‘je me fiche que le président aime ça ou non. Je me fiche que le Comité exécutif aime ça ou non.’ Ce sont ces gens-là dont nous avons besoin“, a plaidé Motsepe, qui a tenu à insister sur l’indépendance des instance juridictionnels et disciplinaires de la CAF durant toute sa conférence.
Motsepe et l’art de la langue de bois
Le dirigeant a ensuite fini sur une notre faussement naïve pour mieux botter en touche : “On me dit que ce que nous avons fait à la CAF est conforme aux meilleures pratiques dans le monde, mais nous devons apprendre. Et s’il y a des domaines dans lesquels nous pouvons faire mieux à l’avenir, nous devons le faire. Je ne peux pas exprimer d’opinion à ce stade.“
Autrement dit, tout en reconnaissant quelques points problématique qui l’ont lui-même interpelé, Motsepe estime que tout a été fait dans les règles, mais que la CAF a encore des progrès à faire et doit s’inspirer des meilleures pratiques. Vous avez dit langue de bois ?
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