Un but célébré, l’autre pas : Yasin Ayari, la double peine pour la Tunisie contre la Suède à la Coupe du monde 2026

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Auteur d’un doublé pour la Suède (5-1) dans la nuit de dimanche à lundi à la Coupe du monde 2026, le milieu de terrain Yasin Ayari a précipité la chute de la Tunisie… un pays dont il aurait pu porter les couleurs !

Le destin est parfois taquin et ce n’est pas la Tunisie qui dira le contraire. Déjà au centre des inquiétudes après leur déroute 5-0 contre la Belgique en match de préparation, les Aigles de Carthage ont sombré 5-1 face à la Suède pour leur entrée en lice à la Coupe du monde 2026, au terme d’une prestation marquée par de nombreuses erreurs individuelles tunisiennes.

Comme si cette déroute qui compromet déjà les chances de qualification ne suffisait pas, l’apparence du bourreau a en plus pris la forme de Yasin Ayari, un joueur qui aurait pu se retrouver dans le camp tunisien ! Le milieu de Brighton a d’abord ouvert le score dès la 7e minute d’une belle demi-volée de l’extérieur de la surface, un but qu’il n’a pas célébré. Puis, 89 minutes plus tard, il a inscrit le dernier but de la soirée, d’un missile de l’extérieur de la surface, un but qu’il n’a cette fois pas hésité à fêter.

Yasin Ayari a été en contact avec la Fédération tunisienne

Derrière cette affaire de non-célébration, il y a évidemment une histoire personnelle. En effet, Yasin Ayari est né en Suède à Solna, d’un père tunisien et d’une mère marocaine. Il avait même été en contact avec la Fédération tunisienne (FTF), qui l’avait approché afin qu’il rejoigne les Aigles de Carthage.

Yasin n’a pas encore fait de choix entre la Tunisie et la Suède, je ne peux pas être certain qu’il choisisse la Tunisie, mais si il le fait, je serais très heureux, malgré l’image peu claire de l’avenir du football tunisien“, glissait son père, Abdelaziz Ayari, au média arabophone Winwin début 2023 alors que son fils effectuait ses débuts en A avec la Suède.

Tandis que Yasin Ayari était ouvert à représenter la Tunisie, un pays où il a admis avoir “passé beaucoup de temps en vacances“, c’est son père qui l’aurait poussé à opter pour la Suède, le pays qui “l’a accueilli et développé“, affirme le journaliste Ben Jacobs. Une dualité pas toujours facile à vivre, comme l’a prouvé sa joie contenue sur le premier but et celle qui a explosé sur le deuxième.

Ce que le cas Yasin Ayari nous dit sur la Tunisie et les binationaux

Parvenue à attirer des binationaux comme Hannibal Mejbri alors qu’il était très jeune et convoité par la France ou plus récemment l’ex-titi du PSG, Ismaël Gharbi, la Tunisie se montre de plus en plus attractive aux yeux de ses talents binationaux. Néanmoins, elle est encore loin de disposer de la puissance de ses voisins algériens et marocains.

Cela s’est encore vu pour ce Mondial avec le cas de l’attaquant né en Allemagne, Louey Ben Farhat (Karlsruhe), qui avait honoré ses deux premières capes en mars, mais qui a refusé de disputer le tournoi alors que le sélectionneur Sabri Lamouchi l’avait retenu dans sa liste. “J’ai reçu un appel du père de Louey Ben Farhat ce (vendredi) matin. Il m’a dit que c’était trop tôt pour le sélectionner et il a refusé. J’étais choqué. J’ai appelé Louey, il n’a pas répondu.(…) C’est un manque de respect ! Cette affaire est close“, a déploré le technicien avant le Mondial. Les affaires qui secouent régulièrement la FTF et les déroutes, comme celle face à la Suède, risquent de ne rien arranger sur ce point…

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Lantheaume Romain

Je suis tombé amoureux du foot africain avec Didier Drogba, puis j’ai découvert Afrik-Foot en 2013. Depuis, nous ne nous sommes plus lâchés !