Souvent choisi par la Fédération sénégalaise pour abriter les rencontres de la sélection nationale, le stade de Saint-Leu-la-Forêt a accueilli le match amical qui a opposé le Mali au Sénégal. Une enceinte en banlieue parisienne qui commence à montrer ses limites, notamment pour une affiche qui a drainé du monde.


Nul procès d’intention envers la commune de Saint-Leu-la Forêt, désormais habituée à recevoir des rencontres amicales de sélections africaines, mais certains faits interpellent. Une nouvelle fois choisi pour la rencontre qui a opposé le Mali au Sénégal mercredi 5 mars (1-1), le stade municipale de la ville a cette fois-ci affiché ses limites.

La pelouse avait beau être en bon état, cela n’est parfois pas suffisant pour qu’un match se déroule dans de bonnes conditions. Et pour cause, les supporters des deux camps ont fait le déplacement en masse, rendant l’enceinte de 3 000 places très rapidement exiguë, les gens s’entassant au mieux en tribune. La billetterie a été prise d’assaut et les tickets sont partie en tout juste quelques minutes, laissant de nombreux fans sur le carreau.

En même temps, ne fallait-il pas s’y attendre lorsque l’on connaît la forte présence des deux communautés dans Paris et sa banlieue ? Toujours est-il qu’au coup d’envoi, une foule monstre était présente dans les gradins (une tribune principale et une autre bien plus modeste en face) mais aussi et surtout tout autour de la pelouse. Seule une grille faisait office de séparation entre spectateurs et acteurs de la partie. Autant de personnes qu’il allait falloir gérer pendant les 90 minutes, voire plus.

Des supporters présents jusqu’à l’intérieur des vestiaires

Pari loin d’être gagné -et très vite perdu- puisque dès le coup de sifflet final, les nombreux fans se ruaient sur le pré pour s’arracher les maillots des joueurs et prendre des phots, le tout devant un service d’ordre dépassé.

Exfiltrés de la foule et enfin réfugiés dans leurs vestiaires respectifs, Maliens et Sénégalais n’étaient pas au bout de leurs surprises. Face aux fans clamant « le match est fini maintenant laissez-nous voir nos compatriotes« , la sécurité finissait par céder et c’est à peine si des supporters ne se sont pas invités dans les vestiaires où se changeaient les joueurs. Il faudra plusieurs minutes d’euphorie avant que le calme ne revienne et que les portes des vestiaires soient à nouveau closes pour que les joueurs restent dans leur intimité.

Un stade plus grand et mieux équipé, est-ce si compliqué ?

Entre temps, les principales têtes d’affiche du match étaient parvenues à s’éclipser dans les bus des deux équipes pour échapper à un public un peu trop excité à l’idée d’approcher ses stars de ci-près. Des joueurs habitués à certaines conditions de confort et de sécurité dans leurs clubs, qui se sont retrouvés dans le dénuement total le temps d’une rencontre. Le « folklore à l’africaine » diront certains, mais tout de même. Pour un match de ce calibre, même s’il concerne les 59e et 66e nations au classement FIFA, n’y avait-il réellement pas un stade plus adapté ?

L’argument voulant que Paris soit une ville pratique afin de faciliter les regroupements des joueurs étant recevable, un autre lieu (plus grand) aurait pu être choisi. Quitte à se dérouler coûte que coûte sur le sol français, une enceinte comme Charléty et ses 20 000 places n’aurait-elle pas été plus appropriée ? Nul doute que le stade n’aurait pas été loin d’afficher complet vu l’engouement suscité par les deux équipes.

Le choix de la facilité… toujours

Alors, à qui la faute ? Sans doute faut-il là se tourner vers les deux Fédérations, qui ont tardé à faire valider la rencontre par les instances françaises. La tenue du match en France s’en est trouvée menacée. Saint-Leu se retrouvant sans doute le choix le pus sûr, étant donné que les Lions y ont déjà joué à trois reprises dernièrement et que le Gabon, la Guinée ou encore le Burkina Faso connaissent aussi les lieux.

Alors que la CAN 2015 est déjà dans tous les esprits, l’heure est sans doute venue pour certains dirigeants d’éviter de tomber dans la facilité. Une facilité « coupable » pour le confrère Tidiane Kassé de Waasport, pour qui les équipes sont à mettre « face à des défis qui les poussent à rester dans les standards de la rigueur et du dépassement. En termes d’adversaire comme en termes de cadre de performance. Un bon adversaire, un bon stade, un bon public et on construit les mentalités qui vont avec. » Difficile de pouvoir le contredire.