En décembre 2025, la CAF annonçait que la CAN aurait lieu tous les quatre ans à partir de 2028. Mais lors d’une récente conférence à Praia (Cap-Vert), Patrice Motsepe, le président de l’instance, a laissé entendre que la compétition pourrait finalement continuer à se dérouler tous les deux ans.
Finalement, il n’y a que ceux qui suivent de loin le fonctionnement de la Confédération Africaine de Football (CAF) que cela étonnera. L’instance n’est jamais à une contradiction près, et se trouve sur le point d’en faire une énième démonstration, à propos d’un sujet parmi les plus sensibles, puisqu’il concerne la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), sa compétition majeure.
Si tout se passe comme prévu, il devrait être voté, à l’occasion de la prochaine Assemblée générale ordinaire fixée au 21 novembre prochain à Abuja (Nigeria) que le tournoi se jouera tous les deux ans. Soit onze mois après que la même CAF a décidé, lors de la CAN au Maroc, qu’elle se disputerait tous les quatre ans, à partir de 2028, une décision prise sans la moindre consultation préalable, ni le moindre vote.
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La méthode avait choqué un nombre important d’acteurs du football africain, mais aussi les supporters. Et pour compléter le tableau, la CAF avait annoncé la suppression du Championnat d’Afrique des Nations (CHAN), un tournoi réservé aux joueurs évoluant sur le continent, pour des questions de rentabilité. Le probable retour à une CAN tous les deux ans, évoqué au Cap-Vert lors d’une conférence sur le football africain, a été très largement approuvé par les présidents de fédérations.
« J’y suis évidemment favorable, comme, je le crois, tous mes homologues », confirme pour Afrik-Foot Saïd Ali Athouman, le président de la fédération comorienne. « Nous avions été surpris d’apprendre cette réforme faisant passer la phase finale tous les quatre ans. Vous savez qu’en Afrique, il y a un fort attachement à la CAN et au fait qu’elle se dispute tous les deux ans », explique le dirigeant.
Sébastien Desabre : “L’Afrique a besoin d’une CAN tous les deux ans“
Il est rejoint dans son raisonnement par de nombreux sélectionneurs. Hervé Renard, le coach français de la Côte d’Ivoire, est l’un de ceux qui défendent ce retour en arrière. « Je trouve que c’est une excellente chose que de revenir à une CAN tous les deux ans et de rester tel que c’était. Une CAN tous les quatre ans, c’est à mon avis beaucoup trop peu, mais c’est un avis personnel », a glissé le technicien à Afrik-Foot.
Même opinion du côté de Patrick Sangwa, le sélectionneur belgo-congolais du Burundi, que nous avons interrogé : « La CAN est la seule vraie compétition de haut niveau en Afrique. Le CHAN a été supprimé, l’intérêt sportif de la faire disputer tous les deux ans me semble évident. Cela va permettre à des équipes comme le Burundi, Madagascar, les Comores, la Gambie ou d’autres, que l’on a vues en phase finale ces dernières années, d’espérer y participer plus régulièrement. »
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La CAF avait annoncé vouloir compenser ce changement de périodicité par la création d’une Ligue des nations africaine, une compétition existant déjà dans les zones Europe et CONCACAF.
« Cela n’aurait pas remplacé la CAN, l’intérêt aurait été moindre », tranche Saïd Ali Athouman. « L’Afrique a besoin d’une CAN tous les deux ans, car cela permet aux sélections nationales de progresser. Il y a de plus une très forte attente autour de cette compétition. Avec la suppression du CHAN, qui est à mon avis une erreur, car il mettait en valeur le travail effectué sur le continent et permettait aux joueurs et techniciens locaux de se montrer, une CAN tous les quatre ans n’était pas une bonne idée », ajoute pour Afrik-Foot Sébastien Desabre, le sélectionneur français de la RD Congo.
Un motif économique évident en faveur d’une CAN tous les deux ans
En Afrique, personne n’a oublié que l’idée validée par la CAF en décembre 2025 avait été soufflée par Gianni Infantino, le président de la FIFA. Et ce dernier, présent à Praia, n’a émis aucune réserve sur le retour de la CAN bisannuelle…
Patrick Sangwa, qui ambitionne de disputer la prochaine édition avec les Hirondelles du Burundi, ne considère pas seulement l’aspect purement sportif pour affirmer ses convictions :
« Les pays qui organisent la CAN améliorent non seulement leurs infrastructures sportives : ils en profitent pour moderniser d’autres éléments comme les moyens de transport, la voirie, les hôpitaux, la capacité hôtelière, des structures qui vont servir bien après la CAN. »
Et si la CAF a décidé de revenir en arrière, c’est également pour des raisons économiques. La CAN est sa principale source de revenus, et la faire jouer tous les quatre ans l’obligeait à trouver de nouvelles recettes afin de ne pas perdre d’argent. Un risque que l’instance n’a visiblement plus l’intention de prendre…
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