Hervé Renard c’est l’autre visage de la Zambie triomphante. A côté de Mayuka, Katongo et Kalaba, il y a un coach au parcours atypique, meneur d’homme et fidèle aux Chipolopolos, tigre sur le banc de touche et renard devant le tableau noir. Focus sur l’homme qui a su transformer le cuivre en or.


C’est désormais devenue une expression consacrée, les joueurs ont coutume de dire, la star c’est l’équipe pour éviter de répondre aux questions personnelles. Pourtant rien n’est plus vrai pour appréhender le travail qu’Hervé Renard a effectué avec la sélection des Chipolopolos.
A l’inverse de son homologue Alain Giresse, entraîneur du Mali, le joueur Hervé Renard n’était déjà pas une star. Alors qu’il évolue dans les divisions inférieures pendant l’essentiel de sa carrière à Cannes, puis à Vallauris, le défenseur développe les qualités qui feront de lui l’entraîneur qu’il est devenue. L’humilité, le travail, et la fidélité, lui qui avait déjà entraîné la Zambie, de 2008 à 2010.
Et ça se ressent sur le terrain. Dès les premiers matches, les Chipolopolos font preuve d’un vrai esprit d’équipe et dégagent une force collective qui fera la différence contre les grosses écuries (Sénégal, Ghana, Côte d’Ivoire).

Starmania

Avec des profils types, en général des petits gabarits vifs et techniques, le natif d’Aix-les-Bains met en place une jeu basé sur un jeu de passes courtes, et une projection rapide vers l’avant grâce à la vitesse de course de ses attaquants. Une tactique payante contre les plus petites cylindrés, en face desquelles un état d’esprit irréprochable ne suffit pas (Soudan, Libye, Guinée équatoriale).
De ce mélange de jeu collectif et de technicité, se dégage peu à peu la patte Renard. Mais c’est avant tout dans l’état d’esprit que l’alchimiste français a fait merveille. Aux entraînement, dans la vie de groupe, au quotidien, dans les conférences de presse comme sur le terrain, l’ancien cannois n’a jamais lâché ses hommes. Question de tempérament, mais surtout une nécessité. Comme il l’a expliqué lui même à plusieurs reprises, ses joueurs ont besoin d’être constamment stimulé. Alors qu’il avait fustigé une certaine nonchalance de ses joueurs, les empêchant d’atteindre le plus haut niveau, le technicien n’a eu de cesse de mettre ses joueurs sur le grill.

Quand le Renard sort les griffes

Apostrophes, gestes, regards, parfois jusqu’à l’excès, Hervé Renard est plus qu’un showman des bancs de touches. Il sait aussi jouer de la corde sensible, donnant rendez-vous à ses hommes à Libreville pour honorer la mémoire des morts de 1993, mais aussi les garder dans un état d’esprit familial. Des cuisiniers zambiens spécialement affectés, sont aux petits soins, préparant des plats traditionnels typiques qui rappellent aux joueurs le pays.
Coach, meneur d’homme, l’homme du succès historique a aussi montré ses talents de tacticiens. Prophétique sur la finale, « Vous savez, il est possible de perdre une CAN avec la meilleure équipe et la meilleure défense. Il est possible de perdre une CAN sans prendre de but » , alors que son équipe été dominée, il a également su inverser la tendance contre le Ghana, en lançant un Mayuka décisif.
Bonne pioche de la Zambie, Hervé Renard a grandi en même temps que sa sélection. Revenu « d’un peu nul part » , le technicien a confirmé à Afrik-foot son souhait de relever le prochain challenge de la Zambie, la qualification pour la Coupe du Monde. Mais l’homme est ambitieux et nul en sait si les Chipolopolos pourront garder éternellement leur porte bonheur.