Algérie : fiasco à la CAN, Belmadi assume ses responsabilités et avance 3 explications

Un gros mois après l’élimination au premier tour de la CAN 2021 et un mois avant les barrages de la Coupe du monde 2022 face au Cameroun, le sélectionneur de l’Algérie, Djamel Belmadi était présent ce dimanche en conférence de presse pour revenir sur le fiasco des tenants du titre au Cameroun. «Un échec est une addition d’éléments défavorables. Il y a eu une faillite collective dont je suis responsable», a débuté le technicien, avant de lister ces fameux éléments défavorables. A commencer par la préparation, perturbée par la circulaire de la FIFA, qui a autorisé les clubs européens à garder leurs internationaux africains jusqu’au 3 janvier.

«Une date de rassemblement de départ était prévue le 27 décembre. Au final, j’ai eu mon effectif sur lequel je peux compter le 3 janvier. On l’a su 2-3 jours avant… La préparation a été mise en place 3-4 mois à l’avance. Ça chamboule toute la préparation. Il y a un manque de considération envers ce continent», a d’abord déploré le vainqueur de la CAN 2019 avant de pointer aussi du doigt l’impact du Covid-19. Les Fennecs ont visiblement été beaucoup plus touchés que ce que les informations qui ont fuité à l’époque le laissaient penser.

Une hécatombe à cause du Covid

«Je ne peux pas tout dire, mais c’est à vous de comprendre. Nous avons 5 joueurs qui n’ont pas eu le Covid. En fonction des endroits où nous étions, il y a des législations. Belaïli, quand il revient d’Algérie, il est positif au Covid. 10 jours de quarantaine. J’ai parlé de Belaïli parce que vous savez qu’il était positif. 23 joueurs sur 28 sont positifs. La moitié du staff aussi. C’était une hécatombe… On n’avait pas de force pour courir. Ce sont des données athlétiques. C’est nos fondamentaux, ça se voit à l’entraînement», a expliqué l’ancien joueur de l’OM et du PSG.

La Coupe Arabe, cadeau empoisonnée

Enfin, Belmadi a estimé que le sacre à la Coupe Arabe, remportée en décembre au Qatar avec plusieurs cadres comme M’Bolhi, Benlamri, Belaïli et Bounedjah, a également eu un impact négatif. «Deux compétitions qui s’enchaînent, émotionnellement, ils étaient vidés. Ce n’est pas juste l’aspect physique. Il y a eu un gros engouement. Je pouvais plus dire à Bougherra ‘ne fais pas jouer Belaïli contre le Maroc’. Je le savais, j’en avais déjà parlé avec le staff, je ne l’avais pas dit à Madjid. Une partie du groupe, peut-être l’ensemble du groupe a joué la Coupe Arabe. Il n’y avait pas un manque d’humilité. C’était une forme d’auto-satisfaction, un peu trop de certitudes», a ajouté l’homme de 45 ans.

Les problèmes de qualité de la pelouse, le manque d’efficacité, l’arbitrage et les mauvaises dispositions mentales après le nul contre la Sierra Leone (0-0) ont fini par anéantir les chances des Fennecs : «Face à la Guinée Equatoriale (0-1), on était dans un esprit de précipitation, d’urgence. On voulait vite prendre les 3 points pour préparer le match de la Côte d’Ivoire avec plus de tranquillité», a rappelé Belmadi, qui a ensuite vu, face aux Ivoiriens, le «plus mauvais match» de son mandat avec celui au Bénin, avant la longue série d’invincibilité de 35 matchs qui a donc été brisée au Cameroun…

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Rédaction

Issa Hayatou, Ahmad Ahmad, Patrice Motsepe… Lancée en 2010, la rédaction d’Afrik-Foot en a vu défiler des présidents de la CAF. Sa plume peut parfois être acerbe mais elle a toujours le même objectif : œuvrer au développement du football africain, sans rien cacher de ses réussites comme de ses faiblesses.