Mohamed Amoura voulait venir à Nice, mais un doute dépassant largement le cadre sportif aurait tout de même accompagné les discussions. Avant de rejoindre l’OGC Nice, l’international algérien aurait en effet voulu être rassuré sur un sujet sensible : l’image de la ville et du club en matière de racisme.
Cette inquiétude n’est pas totalement sortie de nulle part. Nice traîne en France une réputation parfois associée à l’extrême droite et à la xénophobie, une image évidemment réductrice lorsqu’elle est appliquée à toute une ville ou à l’ensemble de ses habitants, mais suffisamment installée pour avoir, visiblement, atteint le joueur.
« Il a entendu dire que les Niçois sont racistes »
Dans les colonnes de Nice-Matin, Roger Ricort, directeur sportif de l’OGC Nice, a raconté les coulisses assez particulières de l’arrivée d’Amoura.
« On a dû le convaincre car il a entendu dire que les Niçois sont racistes. On a veillé à ce que cette information ne soit pas confirmée et démentie », a expliqué le dirigeant niçois.
Une confidence forte, qui montre que le Gym a dû travailler sur autre chose que le projet sportif ou financier pour finaliser l’opération.
Amoura a finalement rejoint Nice en provenance de Wolfsburg sous la forme d’un prêt assorti d’une option d’achat non obligatoire estimée à 20 millions d’euros.
Atal et Boudaoui l’ont rassuré
Le Fennec disposait toutefois de deux relais de confiance particulièrement importants : Youcef Atal et Hicham Boudaoui, ses coéquipiers avec l’Algérie, qui connaissent très bien le club.
Amoura a d’ailleurs expliqué que les deux hommes l’avaient encouragé à accepter le projet niçois.
« Hicham et Atal m’ont dit que le club est magnifique, qu’il y a tout ici et que je pourrais réussir », a-t-il confié.
Le témoignage d’Atal était forcément particulier. L’ancien latéral de Nice avait pourtant traversé une période extrêmement tendue en 2023 après une publication sur les réseaux sociaux dans le contexte de la guerre à Gaza. Suspendu par son club puis poursuivi en justice, il avait finalement été condamné, après avoir retiré le contenu et présenté ses excuses. Pour une grande partie du public algérien, l’épisode avait été vécu comme un traitement particulièrement sévère.
Un contexte qui rappelle aussi l’affaire Galtier
Nice avait également été secoué par les accusations visant Christophe Galtier. Son ancien directeur sportif Julien Fournier l’avait accusé d’avoir tenu des propos discriminatoires concernant l’origine ou la religion de certains joueurs, dans un dossier où le nom d’Hicham Boudaoui avait notamment été évoqué.
Galtier a toujours contesté ces accusations et a finalement été relaxé en première instance, le tribunal estimant que les infractions reprochées n’étaient pas suffisamment caractérisées.
Ces affaires ne permettent évidemment pas de qualifier le club ou ses supporters dans leur ensemble. Mais elles expliquent pourquoi le sujet pouvait avoir une résonance particulière pour Amoura.
Sportivement, le choix semble en tout cas pleinement assumé par l’Algérien, qui a même résisté à un intérêt de dernière minute de Lyon pour rejoindre Nice. Désormais, sa priorité sera ailleurs : retrouver son efficacité après une longue période sans marquer et relancer sa carrière en Ligue 1.
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