Un revirement difficile à comprendre. Non qualifié pour la Coupe du monde 2026, le Cameroun avait une occasion idéale de poursuivre sa reconstruction lors de cette fenêtre FIFA de juin. Mais finalement, les Lions Indomptables ne joueront aucun match amical.
Une décision qui suscite l’incompréhension au pays, alors que plusieurs sélections africaines profitent justement de cette période pour bâtir leurs automatismes.
Le virage surprenant de David Pagou
Le plus étonnant reste surtout le changement de discours. Le 13 mai dernier, lors de l’inauguration du siège de la FECAFOOT, David Pagou affichait clairement sa volonté d’organiser deux rencontres amicales début juin. Treize jours plus tard, changement total de cap : dans un communiqué signé par le secrétaire général de la fédération, le technicien aurait finalement choisi de laisser ses joueurs au repos après une saison jugée éprouvante.
Il y a quelques jours, David Pagou déclarait qu’il avait à cœur de jouer les matches amicaux de juin prochain #CFOOT 🇨🇲🦁 pic.twitter.com/CYvfXRP83t
— CFOOT (@cfootcameroun) May 26, 2026
Un argument qui peine à convaincre au Cameroun. D’autant plus que des nations concurrentes sur l’échelle continentale, même non qualifiées pour le mondial comme le Nigeria ou le Mali, joueront un ou des matchs en juin malgré des effectifs composés de joueurs évoluant dans de grands championnats européens.
Serait-ce davantage lié à un problème d’organisation, ou à l’absence d’adversaires disponibles ? L’argument sportif avancé n’est, en tout cas, pas très convaincant…
Par exemple, l’ancien Lion Indomptable Serge Branco n’a d’ailleurs pas caché son incompréhension. « Je ne suis pas d’accord avec le coach David Pagou. Quand c’est bon, il faut le dire. Quand ce ne l’est pas, il faut l’expliquer », a-t-il lâché, avant de remettre en cause l’argument de la fatigue : « À part Arthur Avom à Lorient, je ne vois pas de Lion qui a joué près de 80 % des matchs de son club ». Une sortie qui reflète assez bien le sentiment d’une partie des supporters camerounais.
Une reconstruction freinée ?
Cette décision interroge d’autant plus que le début d’ère Pagou avait pourtant montré des choses encourageantes. Arrivé après l’échec de la qualification au Mondial dans un contexte explosif entre le ministère des Sports et Samuel Eto’o, le sélectionneur avait osé plusieurs choix forts avant la CAN : mise à l’écart de certains cadres, système en 3-4-2-1 plus agressif et volonté de relancer une identité collective.
Et malgré une élimination en quart contre le Maroc, les Lions avaient laissé une impression plutôt positive dans le jeu et retrouvé un certain “hemlè”, cette « grinta » historique à la camerounaise qui a fait la force de la sélection pendant plusieurs décennies. Un contenu qui rendait l’objectif annoncé par Samuel Eto’o de remporter la prochaine CAN plausible, à défaut d’être totalement crédible au vu de l’avance déjà prise par certaines sélections du top 5 continental.
Même les FIFA Series de mars, avec une équipe largement expérimentale, semblaient aller dans cette logique de reconstruction malgré une défaite face à l’Australie et avec une victoire contre la Chine.
D’où l’étrangeté de ce choix aujourd’hui. Car justement, cette fenêtre semblait idéale pour tester de nouveaux profils, créer des automatismes et préparer le début des éliminatoires de la CAN 2027 en septembre.
Certes, la compétition n’est prévue que dans un an, et le projet Pagou finira peut-être par fonctionner. Mais ce virage soudain laisse forcément planer le doute…
Le communiqué de la Fecafoot annonçant l’absence de match de la sélection du Cameroun en juin 2026
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