Le débat continue d’animer les observateurs du football africain. Malgré l’élimination de sept des neuf représentants du continent en seizièmes de finale de la Coupe du monde 2026, Karl Toko Ekambi refuse de parler d’échec.
L’ancien international camerounais estime au contraire que le parcours des sélections africaines doit être analysé avec davantage de recul.
“On est des éternels insatisfaits”
Pour l’ancien attaquant de Lyon, les critiques sont excessives au regard du contexte. Avant le tournoi, peu d’observateurs imaginaient voir autant de nations africaines atteindre la phase à élimination directe.
« Les nations africaines ont déçu lors des 16èmes de finale ? Pour moi, non. Je pense qu’on est des éternels insatisfaits parce que si on nous avait demandé s’il y aurait neuf équipes africaines en 16ème, personne n’aurait dit oui et maintenant qu’elles ont toutes perdu, on est déçus. On boude. Pour moi, elles ne nous ont pas déçues, elles ont manqué d’expérience. » a déclaré le “bourreau de Blida” sur le plateau de beIN Sports.
Une lecture qui tranche avec les analyses beaucoup plus sévères apparues après les éliminations successives des représentants africains.
Un manque d’expérience plus qu’un manque de niveau ?
Selon Toko Ekambi, les équipes africaines ont surtout payé leur inexpérience dans la gestion des matchs à élimination directe.
Face à des sélections habituées à ce type de rendez-vous, plusieurs d’entre elles ont craqué sur des détails : gestion des temps faibles, efficacité dans les deux surfaces ou encore maîtrise tactique dans les moments décisifs. Aucune, en revanche, n’a véritablement sombré ou été humiliée, la plupart des éliminations s’étant jouées sur des écarts minimes.
Un bilan plus nuancé qu’il n’y paraît
Le constat mérite effectivement d’être nuancé.
Sur les neuf sélections africaines qualifiées pour les seizièmes de finale, quatre avaient décroché leur billet en terminant parmi les meilleurs troisièmes : le Sénégal, l’Algérie, le Ghana et la RDC. Les Léopards avaient même terminé en tête du classement des huit meilleurs troisièmes.
Dans ce contexte, voir neuf nations africaines franchir la phase de groupes constitue déjà une progression importante, d’autant que le nouveau format à 48 équipes offrait des opportunités inédites.
De la frustration malgré tout
Pour autant, le sentiment de déception reste compréhensible.
Avec neuf représentants au départ des seizièmes de finale, beaucoup espéraient voir plusieurs équipes poursuivre leur aventure. Finalement, aucune n’est parvenue à franchir ce cap, laissant un goût d’inachevé.
Les propos de Toko Ekambi rappellent néanmoins que le football africain continue de progresser. Là où l’objectif était autrefois simplement de sortir des groupes, plusieurs sélections nourrissent désormais l’ambition d’aller loin dans la compétition.
Une évolution des attentes qui est, au fond, peut-être le meilleur signe des progrès réalisés par le continent.
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