Cameroun : “gagner la prochaine CAN”, 4 raisons de croire que l’objectif fixé par Samuel Eto’o est atteignable

Publié le par

Éliminé en quarts de finale de la CAN 2025 après sa défaite face au Maroc (2-0), le Cameroun est sorti par la grande porte. Dans un vestiaire encore chargé d’émotion, Samuel Eto’o a livré un discours fort, à la hauteur de son statut et de ses ambitions. Fier du parcours de ses joueurs, le président de la FECAFOOT n’a pas seulement voulu consoler. Il a surtout projeté. « La prochaine CAN, on vient pour la gagner », a-t-il lancé, appelant le groupe à prendre rendez-vous avec l’histoire.

La déclaration de Samuel Eto’o peut sembler audacieuse, mais qui repose sur plusieurs éléments concrets. Quatre raisons majeures permettent aujourd’hui de penser que cet objectif est loin d’être irréaliste.

Un vrai groupe est né sous David Pagou

En quelques semaines seulement, David Pagou a réussi là où beaucoup avaient échoué : créer un collectif identifiable, solidaire et combatif. Le Cameroun version CAN 2025 a retrouvé son ADN, ce fameux hemlè fait d’engagement, d’intensité et de refus de subir. L’équipe a tenu tête à des adversaires de premier plan (match nul contre la Côte d’Ivoire, élimination de l’Afrique du Sud…), avec une discipline tactique retrouvée et une solidarité évidente, y compris dans les moments difficiles.

Une génération jeune et pleine de promesses

Cette CAN a marqué l’émergence d’un noyau de joueurs à très forte marge de progression. Christian Kofane, Carlos Baleba, Arthur Avom, Karl Etta Eyong, Aboubakar Nagida, Danny Namaso, sans oublier Enzo Boyomo (même s’il n’était pas titulaire) incarnent une transition assumée. Moins dépendant de ses cadres historiques, le Cameroun prépare l’avenir avec une génération ambitieuse, athlétique et techniquement plus aboutie qu’on ne l’imaginait il y a encore quelques mois.

Une préparation enfin pensée sur la durée

Contrairement à cette CAN préparée dans l’urgence et l’instabilité, la prochaine édition pourra être préparée avec méthode. Le staff aura le temps de construire, tester, corriger, sans devoir bricoler à la dernière minute. Cette continuité est un luxe que le Cameroun n’a que trop rarement connu ces dernières années.

Deux ans sans pression Coupe du monde

L’absence de qualification pour la prochaine Coupe du monde change paradoxalement la donne. Sans l’impératif immédiat de résultats au Mondial, les Lions Indomptables disposent de près de deux années pour reconstruire sans pression excessive. Un contexte idéal pour expérimenter, installer des automatismes et consolider une identité de jeu.

Eto’o, un leadership qui assume les risques

Qu’on l’apprécie ou non, Samuel Eto’o démontre une nouvelle fois sa capacité à trancher. Comme avant les barrages de la Coupe du monde 2022, il a pris une décision forte en changeant de sélectionneur à la veille d’un tournoi. Un pari risqué, critiqué, mais qui a porté ses fruits. Marc Brys est déjà relégué au passé, et le Cameroun sort de cette CAN avec une trajectoire claire.

Le Cameroun n’a pas gagné la CAN 2025, mais il a peut-être gagné au moins aussi important : une direction, une génération et une conviction retrouvée. Dans deux ans, les Lions indomptables pourraient bien revenir non plus en outsiders, mais en prétendants très sérieux.

Cameroun : “gagner la prochaine CAN”, 4 raisons de croire que l’objectif fixé par Samuel Eto’o est atteignable

Louis Mukoma Fargues