CAN 2015 : 16 sélectionneurs passés au crible

Parmi les seize sélectionneurs qui s’assiéront sur le banc lors de la CAN 2015, on trouve deux anciens vainqueurs (Claude Le Roy et Hervé Renard), un seul technicien déjà en poste lors de l'édition 2013 (Paul Put) et dix sélectionneurs qui disputeront leur première CAN. Seuls trois Africains seront à la tête d'une sélection, record historiquement bas.



 Le grand huit de Le Roy

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Premier constat frappant. Sur les seize sélectionneurs en poste, seuls six ont déjà pris part à une CAN en tant qu'entraîneur. Sélectionneur du Congo, Claude Le Roy s’apprête à participer à la fête du football africain pour la huitième fois, un record*. Avec déjà cinq participations au compteur, Henryk Kasperczak ne fait pas mal non plus**. On retrouve ensuite Michel Dussuyer et Hervé Renard (trois CAN chacun) Alain Giresse (deux participations) et Paul Put qui a découvert la reine des compétitions africaines en 2013, atteignant la finale.

A l’opposé, le groupe B offrira à quatre techniciens leur baptême du feu continental : Georges Leekens (Tunisie), Florent Ibenge (RD Congo), Rui Aguas (Cap-Vert) et Honour Janza (Zambie).

Parmi les “novices”, tous n’ont évidemment pas le même profil. Si Christian Gourcuff (Algérie) et Avram Grant (Ghana), jouissent déjà d’une certaine réputation hors du continent, Jorge Costa (Gabon) avait été moqué à ses débuts en raison de son CV guère impressionnant. Il a prouvé lors des éliminatoires qu’il était capable de bâtir une équipe sachant allier beau jeu et résultats.

* Claude Le Roy a disputé les CAN 1986 et 1988 avec le Cameroun, 1990 et 1992 avec le Sénégal, 2006 et 2013 avec la RDC et 2008 avec le Ghana.

** Henryk Kasperczak a dirigé la Côte d’Ivoire (CAN 1994), la Tunisie (CAN 1996 et 1998), le Mali déjà (CAN 2002) et le Sénégal (CAN 2008)

 L’instabilité domine

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Sur les bancs des sélections africaines, l’instabilité est de rigueur. Parmi les seize sélectionneurs engagés dans la CAN 2015, seuls six étaient en poste il y a un an à la même époque. Les dix autres techniciens ont pris en main leur sélection au cours de l’année.

Cette instabilité doit être nuancée par le double contexte particulier. 2014 a été une année de Coupe du monde qui a vu l’Algérie, la Côte d’Ivoire et le Ghana changer de sélectionneur. Ensuite, l’imminence des éliminatoires de la CAN, disputés en trois mois, a incité certaines fédérations à changer de tête avant le coup d’envoi du marathon (sept sélectionneurs ont été nommés au cours de l’été dernier).

Parmi les sélectionneurs à la durée de vie remarquable, figure tout d’abord Michel Dussuyer, aux commandes du Syli National depuis mai 2010, même si son cas est un peu particulier (en fin de contrat en décembre 2013, il avait postulé à sa propre succession et avait finalement été reconduit en février 2014).

En poste depuis près de trois ans, Paul Put, le sélectionneur du Burkina Faso, a une particularité : il était le seul sélectionneur déjà en poste lors de la précédente CAN (Claude Le Roy était là aussi mais c’était sur le banc de la RD Congo ; idem pour Hervé Renard, alors sélectionneur de la Zambie). Enfin, Alain Giresse a fêté en début d’année ses deux bougies aux commandes des Lions de la Teranga, tandis que Volker Finke a survécu à la Coupe du monde catastrophique du Cameroun et s’approche lui aussi de son deuxième anniversaire.

 Les techniciens locaux boudés

Malgré les passages remarqués de Stephen Keshi à la tête du Nigeria et de Kwesi Appiah sur le banc du Ghana, le mythe du sorcier blanc est toujours d’actualité. Et même plus que jamais puisque seuls trois sélectionneurs africains seront en poste à la CAN 2015 : Florent Ibenge (RDC), Ephraim Mashaba (Afrique du Sud) et Honour Janza (Zambie). Un record historiquement bas (ils étaient quatre en 2008, année du précédent “record”).

En termes de nationalités représentées, la France se taille comme souvent la part du lion avec six techniciens (Dussuyer, Giresse, Gourcuff, Le Roy, Renard et le Franco-polonais Henryk Kasperczak), devant la Belgique (Leekens, Put) et le Portugal (Jorge Costa, Rui Aguas).

 Le Roy et Renard savent la gagner

Vainqueur de la CAN en 1988 et en 2012 respectivement avec le Cameroun et la Zambie, Claude Le Roy et Hervé Renard affichent le plus beau palmarès africain parmi les sélectionneurs présents. Sans compter que Le Roy peut aussi se targuer d’une place de finaliste en 1986, toujours avec le Cameroun et d’une troisième place décrochée avec le Ghana en 2006. Cette année-là, Hervé Renard était d’ailleurs son adjoint.

Habitué aux places d’honneur, Henryk Kasperczak a lui aussi atteint la finale (en 1996 avec la Tunisie), tout comme Paul Put en 2013 avec le Burkina Faso. Et puis il y a Esteban Becker. Nommé sélectionneur de la Guinée Equatoriale la semaine dernière, l’Argentin compte lui aussi une CAN à son palmarès. C’était en novembre 2012 avec… l’équipe féminine du Nzalang Nacional.

 Kasperczak, le doyen

Pour sa sixième participation à la CAN, Henryk Kasperczak fera figure de doyen avec ses 68 ans, devant Claude Le Roy et Volker Finke qui vont sur leurs 67e printemps. A l’inverse, le Portugais Jorge Costa, 43 ans, sera le plus jeune. Hervé Renard, 46 ans, et Honour Janza, 48 ans, ont eux aussi moins de cinquante ans, en dessous de la moyenne d’âge, située à 57 ans et trois mois.

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CAN 2015 : 16 sélectionneurs passés au crible
Romain Lantheaume

Je suis tombé amoureux du foot africain avec Didier Drogba, puis j’ai découvert Afrik-Foot en 2013. Depuis, nous ne nous sommes plus lâchés !