C’est l’un des épisodes marquants de cette CAN 2019. A quelques secondes de la fin de la prolongation du 8e de finale contre le Ghana, le sélectionneur de la Tunisie, Alain Giresse, a fait sortir son gardien Mouez Hassen pour le remplacer par Farouk Ben Mustapha juste avant la séance de tirs au but. Un choix inspiré puisque l’entrant a repoussé une tentative adverse et contribué à la qualification des Aigles de Carthage (1-1, 5-4 tab).

«Je n’ai pas innové. Cette année, Guingamp avait adopté aussi cette mise en place, les Pays-Bas (au Mondial 2014) font la même chose», a souligné le technicien au micro de RMC. «Par rapport aux capacités de nos gardiens sur penalties… j’ai bien compris aussi l’effet psychologique que cela pouvait avoir par rapport à l’équipe adverse, se disant que celui qui allait venir était sans doute un spécialiste des tirs au but. Cela pouvait avoir un effet positif pour nous, négatif pour les autres. On tente un peu tout.»

En revanche, ce choix avait été très mal pris par Hassen qui avait refusé de sortir avant de se distinguer par des mots déplacés et des gestes de colère. Giresse comprend la frustration du portier, qui a présenté ses excuses le lendemain.

«D’abord, je peux le comprendre. On se dit toujours qu’un joueur qui sort n’a pas l’air content. Mais si un joueur remplacé avait l’air heureux, je crois qu’il y aurait un problème», a fait remarquer l’ancien Bordelais. «Sa principale préoccupation, c’est de retrouver les siens, les joueurs. C’est ce qu’il a fait en faisant amende honorable des débordements qu’il avait pu avoir sur le moment. Un moment d’après-match mais qui n’est plus d’actualité.»

Rusé, l’homme de 67 ans s’est toutefois bien gardé de confirmer que le Niçois conservera sa place de titulaire ce jeudi lors du quart de finale contre Madagascar (coup d’envoi à 19h GMT, soit 21h en France).