« Le Conseil de la FIFA a validé les dates de la CAN 2027 (du 19 juin au 17 juillet) lors de son congrès à Vancouver ». Une annonce en apparence anodine… mais qui relance un débat sensible autour de l’influence de l’instance mondiale sur le football africain.
Sur le fond, rien d’anormal. Il est classique que la Confédération africaine de football (CAF), comme toutes les confédérations, soumette son calendrier à la FIFA pour validation. Sans cet aval, une compétition internationale ne peut tout simplement pas exister dans le cadre officiel.
Mais la formulation utilisée mardi dans le communiqué de l’instance dirigeante du ballon rond – « le Conseil de la FIFA a validé les dates de la CAN 2027 » – a fait grincer quelques dents. Pour beaucoup d’observateurs africains, elle ravive un sentiment persistant : celui d’une CAN « trimbalée » selon les aléas du football mondial.
Une validation normale… mais mal perçue : le poids du passé
Ce malaise ne sort pas de nulle part. La CAN a souvent été bousculée dans son calendrier ces dernières années, parfois au profit d’autres compétitions.
Le cas de la CAN 2025 reste dans toutes les têtes : initialement prévue en été, elle avait été décalée pour éviter un conflit avec la Coupe du monde des clubs, priorité assumée de la FIFA. Résultat : une impression de compétition reléguée au second plan.
Dans ce contexte, même une validation logique peut être perçue comme une nouvelle démonstration d’influence.
Une CAN toujours coincée dans le calendrier européen
Au-delà de la symbolique, le vrai problème reste le calendrier. Une CAN organisée en pleine saison européenne pose toujours les mêmes difficultés.
Les romantiques sont attachés au maintien de cette temporalité, qui s’impose aussi parfois par des contraintes climatiques, tandis que les pragmatiques font remarquer que la programmation en juin-juillet permet de mettre fin aux tensions récurrentes entre clubs européens et sélections africaines.
C’est un débat ancien… mais toujours non résolu.
Scandale ou simple crispation ?
Dans ces conditions, parler de scandale serait exagéré. La validation des dates par la FIFA est une procédure normale.
En revanche, la réaction qu’elle suscite est révélatrice d’un malaise plus profond : celui d’un football africain qui peine encore à imposer son calendrier et ses priorités face aux grandes puissances.
À terme, l’enjeu est clair pour la CAF, souvent accusée d’être une simple marionnette dirigée par la FIFA : faire reconnaître la CAN à sa juste valeur, non seulement comme une grande compétition, mais aussi comme un événement capable d’imposer son propre tempo. Reste que le passage à une CAN tous les 4 ans à partir de 2028 ne va clairement pas dans cette direction…
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