Rare Auxerrois à surnager cette saison, Delvin Ndinga a bien voulu accorder un entretien exclusif à Afrik-foot. Le milieu de terrain congolais y évoque la difficile année de l’AJA ainsi que ses ambitions pour la sélection congolaise, toujours en course pour la CAN 2012.



Afrik-foot: Delvin, vous vivez votre cinquième saison à Auxerre, la deuxième comme titulaire, comment vous y sentez-vous?

Delvin Ndinga: Bien. Très bien, même. J’ai la confiance du coach, de l’ensemble du staff et de mes partenaires. Donc ça va bien.

C’est tout de même une saison difficile pour l’AJA.

Oui. Mais nous étions préparés. Depuis le début, nous savions que ce serait compliqué. On était prévenus et on a fait de notre mieux. Le coach nous l’avait dit. Mais nous, les joueurs, on comptait sur la Ligue des Champions pour nous aider pour le championnat. C’est le contraire qu’il s’est passé: maintenant, il faut nous battre pour assure le maintien.

Sincèrement, est-ce que vous aviez l’effectif pour vous battre sur deux tableaux?

Oui et non. C’est vrai que la Ligue des Champions, c’est compliqué. C’est une compétition qui demande beaucoup d’intensité. C’est très fatiguant. Du coup, on a eu une baisse physique qui s’est fait ressentir en championnat. En plus, nous avons subi pas mal de blessures. Moi même, j’ai été touché pendant quelques mois. Là, on est en train de récupérer tout le monde et ça va mieux.

Est-ce que le message de Jean Fernandez passe toujours?

Oui, bien sûr. Nous, nous sommes sereins. Les joueurs sont solidaires mais il faut qu’on essaie de bien défendre ensemble. Effectivement, on n’est pas bien classé mais tout va bien. A titre personnel, Jean Fernandez, c’est le coach qui m’a lancé en Ligue 1. Il me parle, je l’écoute: il me conseille beaucoup sur le placement, sur mon jeu…

Malgré les mauvais résultats, vous vivez une saison pleine.

Oui, c’est vrai. Malgré cette blessure qui m’a éloigné des terrains pendant trois mois, où j’ai raté pas mal de matches, c’est vrai que je réalise de belles performances. J’ai beaucoup appris en Ligue des Champions. Je suis bien revenu après ma blessure et j’ai retrouvé mes sensations. J’espère que cela va continuer.

Quelle équipe vous inquiète le plus dans la lutte pour le maintien?

Personne. Il n’y a pas vraiment d’équipe inquiétante. Il y a neuf équipes qui se battent pour deux places puisque Arles-Avignon est quasiment condamné. Personne ne veut descendre.

Comment expliquez-vous cette incapacité de l’AJA à faire le jeu?

Vous savez, cela fait deux ans que je suis titulaire à Auxerre, on n’a jamais fait le jeu. On n’a pas la possession de ballon, on ne fait pas le jeu, on subit. Je suis habitué…

Et la Ligue des Champions? Qu’en retenez-vous?

Tous les matches. J’ai joué contre le Zenith Saint-Petersbourg, l’AC Milan, l’Ajax, le Real Madrid… Jouer contre des grands clubs avec des grands joueurs, c’est impressionnant. J’ai beaucoup appris. Surtout, quand on y goûte, on a envie d’y revenir… Mais, pour jouer la Ligue des Champions tous les ans, il faut jouer dans un grand club. Et cela passe par de bons matches avec Auxerre.

Est-ce à dire que vous allez partir cet été?

J’entends les rumeurs: je sais que certains clubs s’intéressent à moi. Je suis bien revenu après ma blessure mais je veux d’abord bien finir les deux mois qui restent avec Auxerre et après on verra… Si il y a une bonne proposition, d’un grand club, qui me plaît, on discutera. Mais j’ai demandé à mon agent de ne m’en parler qu’en mai. La priorité, c’est Auxerre.

Passons à la sélection congolaise. La CAN 2012, c’est encore un objectif?

Cela va être compliqué. Il reste trois matches, c’est jouable. Le match retour contre le Ghana, en juin à Accra, sera décisif.

A l’aller, vous avez été lourdement battus (3-0).

A l’aller, nous avons commis pas mal d’erreurs de concentration. Au début du match, nous étions bien mais nous nous sommes laissés aller et on l’a payé cash. Franchement, à l’aller, moi, j’ai surtout vu que les Ghanéens n’étaient pas si fort. Le Ghana, c’est une grande nation du football. On a vu ce qu’ils ont fait à la Coupe du monde, ils ont de très bons joueurs mais je n’ai pas été impressionné. A Accra, ce sera une revanche.

Comprenez-vous les critiques qui ont touché les Diables Rouges?

Bien sûr. C’est normal. Quand on perd, on est critiqué. C’est normal. En Afrique, c’est d’autant plus vrai que les gens ont la critique facile. En plus, là, ils ont raison. Le public a le droit d’être déçu, nous n’avons pas été bons. A nous, maintenant, de tout faire pour les faire taire. Du moment que l’on fait de notre mieux, ça ira…

Pour gagner contre le Ghana, sur quoi le Congo peut-il s’appuyer?

Sur ses joueurs. Nous n’avons pas de Drogba ou d’Eto’o pour nous sauver. Nous ne pouvons pas nous appuyer sur un seul joueur: nous avons un bon groupe, pas d’individualités fortes. Donc, il nous faut être sérieux et appliquer les consignes. C’est par là que passe la victoire.