Enfin de retour à Marseille mais avec le maillot de Chelsea, mercredi lors de la 6e journée de Ligue des Champions, Didier Drogba sera titulaire. L’Ivoirien revient avec passion et sourire sur son passage à Marseille tout en jugeant déplorable la situation politique dans laquelle se trouve son pays.


(de notre correspondant à Marseille)

Afrik-foot: Etes-vous venu à Marseille pour disputer un match ou faire le guide touristique ?

Je suis venu pour disputer un grand match, face à une belle équipe de Marseille qui s’est qualifiée dans la difficulté mais brillamment. Je montrerai aussi les bons endroits de Marseille !

Qu’avez-vous ressenti depuis votre arrivée à Marseille, alors que vous vous apprêtez à recevoir une énorme ovation ?

C’est difficile à exprimer. Je suis tout simplement content d’être ici, de voir quelques visages familiers. Ce sont de belles émotions et de beaux souvenirs qui remontent à la surface.

Quelle est votre position sur votre fin de carrière ? Au début, il était question de l’OM, maintenant, cela semble plus Chelsea…

Ma position est très simple : je pense que les gens comprendront et respecteront le fait que ça fait six ans que je suis à Chelsea. Je suis content et épanoui là bas, ma famille se sent bien. Même si Marseille est très tentant, il y a beaucoup de paramètres qui entrent en jeu. Je le répète, je suis bien à Chelsea et, à part un revirement de situation, j’y finirai ma carrière.

Pouvez-vous confirmer ou infirmer que des discussions ont eu lieu entre vous et l’OM lors de la dernière intersaison ?

Je pense qu’il serait plutôt bien que la conférence de presse soit portée sur le match de demain, plutôt que sur ce qui s’est passé ou non voici il y a plusieurs mois de ça…

Vous êtes le joueur de l’OM qui a laissé la trace la plus forte avec le passage le plus court. Que vous inspire aujourd’hui encore cette période ?

Je suis venu ici, comme je l’ai souvent dit, comme un supporter. Comme si on me donnait le maillot de l’OM en tant que fan et qu’on me donnait l’autorisation de réaliser mon rêve et de jouer pour ce club pendant une saison… C’est fantastique, si vous donnez cette occasion-là à n’importe quel fan, il n’oubliera jamais. Je ne pourrai jamais oublier cette période. C’est celle qui m’a révélé au grand public, qui m’a fait découvrir la Ligue des Champions, franchir un autre palier, jusqu’à ce qu’un entraîneur comme José Mourinho s’intéresse à moi.

Marseille a du mal à vous trouver successeur de votre trempe comme buteur. Quels conseils donneriez-vous à André-Pierre Gignac ?

Il faut du temps à André-Pierre, comme il en faudra aussi à Loïc Rémy. Mais ce jugement est un peu dur, par rapport aux autres attaquants qui sont passés après moi. Un joueur comme Mamadou Niang, capitaine qui a apporté le titre, a vraiment marqué le club, et a incarné la stabilité ces dernières années. Pour revenir à André-Pierre, c’est un joueur très intéressant devant le but, adroit mais, sans confiance, il est difficile pour un avant-centre de s’exprimer.

Comment vous sentez-vous et abordez-vous la rencontre après votre blessure ?

J’ai été absent pendant un mois, il m’a été assez difficile de revenir à mon niveau. Je ne suis pas encore à 100%. L’équipe, elle, joue correctement mais sans la manière. Nous avons besoin d’un match pour se débloquer. Même sans enjeu, il sera important de gagner demain pour la confiance, en vue aussi du prochain match de championnat (dimanche contre Tottenham, NDLR) et sortir de cette mauvaise passe.

Quel est votre regard sur la situation politique actuelle de votre pays (à l’issue de l’élection présidentielle deux candidats ont été déclarés vainqueurs, l’un par la Commission électorale indépendante, l’autre par le Conseil constitutionnel, prêtant tous les deux serment. Des heurts entre les deux clans ont déjà causé la mort d’au moins 20 personnes) ?

C’est une situation très difficile à vivre pour les Ivoiriens. C’est vraiment déplorable de se retrouver dans une situation comme ça. On a passé dix années vraiment très difficile, dix années de crise et au moment où on pensait s’en sortir, on retombe encore dans nos travers. J’espère que ça ne va pas être pire que cela ne l’a été.