France – Maroc : ces trois pépites avaient une vraie chance chez les Bleus, elles ont choisi les Lions de l’Atlas

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À quelques heures du quart de finale de la Coupe du monde 2026 entre la France et le Maroc, un sujet revient forcément sur la table : celui des binationaux.

Six joueurs nés en France figurent dans l’effectif des Lions de l’Atlas pour cette Coupe du monde 2026 : Ayyoub Bouaddi, Neil El Aynaoui, Issa Diop, Gessime Yassine, Samir El Mourabet et Redouane Halhal. Mais tous n’étaient pas dans la même situation au moment de choisir leur sélection.

Zoom sur les trois derniers binationaux qui ont préféré le Maroc alors qu’ils avaient une chance en équipe de France.

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Ayyoub Bouaddi, celui qui pouvait vraiment devenir un Bleu

C’est évidemment le cas le plus emblématique. Né en France et ancien capitaine des Espoirs français, Ayyoub Bouaddi était considéré comme l’un des plus grands talents de sa génération. À seulement 17 ans, le milieu du LOSC avait impressionné toute l’Europe en dominant le milieu du Real Madrid en Ligue des champions.

Didier Deschamps connaissait son potentiel, mais la concurrence était immense au milieu de terrain. Même un futur membre du staff de Zinédine Zidane, annoncé comme successeur de Didier Deschamps, aurait échangé avec le joueur pour l’encourager.

En face, le Maroc n’a laissé aucune place au doute. Mohamed Ouahbi lui a présenté un projet clair, avec une place dans le groupe pour la Coupe du monde… et un statut de titulaire. Un discours qui a fait la différence.

Aujourd’hui, le choix semble pleinement assumé. Bouaddi s’est imposé comme l’un des patrons du milieu marocain et cette Coupe du monde confirme qu’il avait largement le niveau pour prétendre, un jour, à l’équipe de France, malgré les déclarations de Fayçal Fajr, descendues en flèche par de nombreux marocains estimant le contraire.

Eliesse Ben Seghir, le choix des racines

Longtemps international français chez les jeunes, Eliesse Ben Seghir (21 ans) figurait lui aussi parmi les grands espoirs de la Fédération française.

Brillant avec Monaco, il avait encore été appelé avec les U19 français à l’automne 2023 avant de finalement trancher quelques mois plus tard en faveur du Maroc.

À l’époque, le joueur n’avait laissé aucun doute sur ses motivations.

« J’ai fait ce choix par rapport à mes racines. Mes deux parents sont marocains (…) Pourquoi attendre quand on sait ce qu’on veut ? Quand l’équipe du Maroc t’appelle, c’est difficile de refuser », expliquait-il, tout en soulignant le rôle déterminant joué par Walid Regragui et le projet présenté par la FRMF.

Sa situation est aujourd’hui plus délicate. Une première saison compliquée au Bayer Leverkusen, marquée par des blessures et un faible temps de jeu (15 apparitions et aucun but), lui a coûté une place dans le groupe marocain pour cette Coupe du monde au sortir d’une CAN 2025 limitée à 4 apparitions.

Yassine KECHTA, Eliesse BEN SEGHIR , Benjamin BOUCHOUARI, Maroc
© IconSport

Amine Adli, un espoir qui s’est éloigné des Bleus

Natif de Béziers, Amine Adli possède lui aussi la double nationalité.

International français dans toutes les catégories de jeunes, avec notamment douze sélections chez les Espoirs, l’ancien Toulousain avait finalement rejoint le Maroc en 2023 après avoir été convaincu par Walid Regragui.

À l’époque, son nom circulait autour de l’équipe de France ou son coéquipier d’alors Moussa Diaby avait pu être sélectionné, sans qu’il ne soit toutefois considéré comme un futur titulaire chez les Bleus tant la concurrence était importante.

Depuis, sa trajectoire s’est ralentie. Après avoir manqué la dernière CAN au cours d’une saison plus compliquée en club avec Bournemouth, l’ailier avait été rappelé en mars, disputant 23 minutes face au Paraguay (2-1), mais il n’a pas été retenu pour cette Coupe du monde 2026, dépassé par une concurrence devenue très relevée chez les Lions de l’Atlas.

Une preuve de l’évolution du Maroc

Pendant longtemps, les meilleurs binationaux franco-marocains choisissaient presque systématiquement la France. Aujourd’hui, le Maroc est capable de convaincre des joueurs qui disposent d’une véritable perspective chez les Bleus grâce à un projet sportif crédible, des résultats au plus haut niveau et un discours clair.

Le quart de finale de jeudi en est la meilleure illustration : plusieurs talents nés en France tenteront désormais d’éliminer le pays où ils ont grandi, sous les couleurs des Lions de l’Atlas.

France – Maroc : ces trois pépites avaient une vraie chance chez les Bleus, elles ont choisi les Lions de l’Atlas

Louis Mukoma Fargues