France – Maroc : ce qui a changé pour les Lions de l’Atlas depuis la Coupe du monde 2022

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Nouvel entraîneur, Brahim Diaz décisif et style offensif assumé : pourquoi le Maroc de 2026 sera bien plus dangereux que celui de 2022 au moment de retrouver la France jeudi en quarts de finale de la Coupe du monde 2026.

Il y a quatre ans, la frappe de Théo Hernandez à la cinquième minute avait donné le ton d’une victoire française 2-0 qui avait mis fin à l’épopée marocaine en demi-finale au Qatar.

Jeudi, les deux nations se retrouvent en quarts de finale de la Coupe du monde, mais les Bleus auraient tort de considérer ce match comme une simple revanche. Le Maroc actuel est une équipe bien différente de celle qu’a éliminée Didier Deschamps en 2022 : un effectif renouvelé, un système modifié et un niveau d’ambition offensive nettement supérieur.

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Un nouveau visage sur le banc

La différence la plus significative entre le Maroc de 2022 et celui que la France affrontera jeudi se situe probablement sur le banc de touche.

Walid Regragui restera à jamais dans les mémoires pour avoir conduit les Lions de l’Atlas jusqu’aux demi-finales au Qatar, devenant le premier sélectionneur africain à mener une nation africaine aussi loin dans un Mondial, mais son règne s’est terminé en mars à l’issue de la CAN 2025.

Mohamed Ouahbi, sélectionneur du Maroc, Ounahi
Mohamed Ouahbi, sélectionneur du Maroc, donne ses instructions à Azzedine Ounahi. Crédits photo : SUSA / Icon Sport

Son successeur, Mohamed Ouahbi, est arrivé auréolé d’une solide réputation après avoir guidé le Maroc au titre du Mondial des moins de 20 ans en 2025. Tout en conservant une grande partie des bases défensives de Regragui, le technicien de 49 ans a encouragé un style plus ambitieux sans sacrifier l’organisation qui avait rendu le Maroc si difficile à manœuvrer il y a quatre ans.

Invaincu lors de ses dix premiers matchs à la tête de l’équipe, Ouahbi a rapidement montré qu’il dispose d’un groupe prêt à dicter les rencontres plutôt qu’à simplement contenir l’adversaire.

De nouveaux visages ont remodelé l’équipe marocaine

L’évolution se lit dans la composition du groupe. Le changement le plus marquant reste la décision de Brahim Diaz de représenter le Maroc, qui offre à Ouahbi un profil créatif que le staff n’avait tout simplement pas au Qatar.

La star du Real Madrid est devenue le premier joueur africain à délivrer quatre passes décisives lors d’un seul et même Mondial, après avoir encore offert deux assists lors du huitième de finale contre le Canada.

Blessé et incertain face aux Bleus, Ismaël Saibari, qui a fait ses débuts en 2023, s’est lui aussi imposé comme l’un des attaquants les plus influents du Maroc dans ce tournoi, récompensant son sélectionneur avec des buts contre le Brésil, l’Écosse et Haïti.

Ayyoub Bouaddi, Maroc
Ayyoub Bouaddi effectue une passe lors du match entre le Maroc et le Brésil à la Coupe du monde 2026 à New York aux États-Unis le 13 juin 2026. © Xinhua/Xu Chang/Icon Sport

Par ailleurs, le jeune milieu de terrain Ayyoub Bouaddi a émergé comme l’un des nouveaux talents les plus prometteurs de la sélection, le Lillois s’étant intégré sans effort à sa nouvelle équipe. Le défenseur de Fulham Issa Diop, lui, a apporté davantage de solidité et d’expérience au cœur de la défense, orpheline du duo de 2022, Romain Saïss-Nayef Aguerd.

Le signe le plus clair de l’évolution marocaine reste peut-être l’absence de plusieurs héros de Qatar 2022 dans ce groupe : Youssef En-Nesyri, Hakim Ziyech et Sofiane Boufal ne figurent plus dans l’effectif, soulignant à quel point les options du Maroc ont évolué au cours des quatre dernières années.

Une identité tactique plus affirmée

Le Maroc de Regragui était admiré pour sa discipline, son bloc défensif compact et ses redoutables contre-attaques. Ouahbi a ajouté une nouvelle dimension.

Les Lions de l’Atlas pressent désormais plus haut, projettent davantage de joueurs vers l’avant et accordent à Diaz la liberté de se déplacer entre les lignes, tandis que les latéraux apportent une largeur offensive bien supérieure à celle observée au Qatar, sans que cette ambition supplémentaire ne se fasse au détriment de la solidité défensive.

Brahim Diaz, Maroc
Brahim Diaz fait la moue avec le Maroc. Crédits photo : Johnny Fidelin/Icon Sport

Le Maroc n’a encaissé que quatre buts en cinq matchs dans ce Mondial, mais s’est montré bien plus menaçant dans le dernier tiers du terrain, inscrivant dix réalisations – dont trois contre le Canada en huitièmes – tout en se créant suffisamment d’occasions face à des équipes de premier plan comme le Brésil et les Pays-Bas.

Les chiffres brossent le portrait d’une équipe désormais capable de contrôler les rencontres avec le ballon plutôt que d’attendre patiemment les opportunités de transition.

L’expérience s’est muée en conviction

Même si le Maroc a profondément évolué, une partie importante de la colonne vertébrale ayant porté la sélection jusqu’aux demi-finales de 2022 est toujours là.

Achraf Hakimi et Yassine Bounou comme cadres et Sofyan Amrabat en tant que remplaçant continuent d’apporter leadership et expérience, mais ils le font désormais avec la conviction que procure le fait d’avoir déjà franchi de nouvelles frontières sur la plus grande scène du football.

Yassine Bounou, Achraf Hakimi, Maroc
Yassine Bounou et Achraf Hakimi pendant l’hymne marocain. Credit: Brazil Photo Press/Alamy Live News

Ballon d’Or Africain en titre, Hakimi est devenu l’un des meilleurs latéraux droits du monde au fil de son passage au Paris Saint-Germain, tandis que Bounou continue de se montrer décisif, revendiquant légitimement le statut de l’un des meilleurs gardiens africains de l’histoire.

Cette expérience, combinée à l’émergence d’une nouvelle génération emmenée par Diaz et Saibari, a transformé le Maroc d’une équipe surprise en une sélection qui croit réellement en sa capacité à rivaliser avec l’élite mondiale.

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Alexis Fonseca