L’heure est désormais au bilan pour l’Algérie, éliminée en seizième de finale de la Coupe du monde 2026 par la Suisse (2-0). Et Vladimir Petkovic, sélectionneur des Fennecs, est en première ligne. Au micro d’Afrik-Foot, Mansour Boutabout, ancien international algérien, n’a pas mâché ses mots à l’encontre du technicien, responsable, selon lui, d’une bonne partie des maux de la sélection.
Voilà, c’est fini. La Coupe du monde 2026 de l’Algérie a pris fin en seizième de finale, face à la Suisse (2-0). Avec une victoire, un nul et deux défaites au compteur, les Fennecs n’ont pas réussi à offrir leur meilleur visage durant un tournoi qu’ils retrouvaient après douze ans d’attente. Une déception pour les supporters et les anciens Verts, comme Mansour Boutabout, qui a bien voulu partager ses impressions avec Afrik-Foot.
« C’est un bilan très très moyen. Comme tout le monde a pu le voir, ça a été très moyen sur la phase de poules, notamment le premier match durant lequel on a été spectateurs contre l’Argentine. On a fait un bon match contre la Jordanie dans l’ensemble. Le match contre l’Autriche, il n’y a pas grand-chose à dire, le match nul arrangeait tout le monde pour pouvoir se qualifier », nous a-t-il confié avant de poursuivre.
« Les supporters sont déçus. Ils étaient nombreux à cette Coupe du monde, ils ont fait le déplacement, ça a un coût… Ils avaient à cœur de voir un beau parcours. Je pense qu’il y avait une possibilité, notamment contre la Suisse ». Pour l’ancien attaquant aux 22 sélections (6 buts) entre 2003 et 2008, un homme cristallise la frustration liée à ce parcours en demi-teinte : Vladimir Petkovic.
“Avec Petkovic, ça sentait déjà mauvais avant le Mondial”
« Dès le départ, avec ce qui s’est passé, la liste donnée au dernier moment, des choix étranges, ça sentait mauvais. Il y a de la déception, c’est sûr. Le coach, 4 matches, 4 compos différentes… À partir de là, c’est très compliqué. On ne peut pas bâtir une équipe pour aller très loin comme ça…», a-t-il regretté.
/https%3A%2F%2Fmedia.afrik-foot.com%2Fmain%2F2026%2F07%2FBoutabout-2.jpg)
Des doutes sur le technicien suisse, l’ex-buteur en avait déjà depuis un moment. « On l’avait déjà remarqué lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations, lors du match contre le Nigeria, par rapport à sa compo, par rapport à l’image qu’il renvoyait. Et il nous a fait des compos inédites alors que toute l’Algérie avait envie de faire un beau parcours, à l’image du Maroc, de l’Égypte », a-t-il regretté.
Pour Boutabout, le coach n’a pas réussi à enthousiasmer et emmener les joueurs avec lui. « On n’a pas reconnu notre équipe nationale, avec ce coach. Les joueurs n’ont pas donné l’image d’une équipe qui avait envie d’aller loin, à l’image du coach. Un coach éteint, sans âme. Et voilà… Avant le Mondial déjà, les résultats étaient assez mitigés, le projet de jeu était incertain, on ne savait pas si on défendait à 3 ou à 4, et puis des choix de joueurs, tout simplement… », a-t-il déploré.
“L’attitude de Petkovic après la Suisse ? On se dit que c’est une caméra cachée”
Pire, certaines de ses attitudes – son comportement à l’issue de l’élimination avec des mots et des gestes à l’attention de ses anciens joueurs côté suisse avant même d’aller voir ses propres joueurs notamment – l’ont profondément déçu. « C’est incroyable, c’est du jamais vu ! Tu es en 16e de finale, un rendez-vous important et ton entraîneur va saluer les joueurs adverses, rigoler avec eux, avant d’aller voir ses propres joueurs. Quand tu vois les regards de Mahrez et Chaïbi à ce moment-là… », a-t-il analysé avant d’insister.
« On se dit que c’est une caméra cachée, que ce n’est pas vrai. Il rentre tranquillement aux vestiaires, il quitte le stade normal, sans émotion. Je n’ai jamais vu ça de ma vie. Tu as le plus gros salaire des sélectionneurs africains et tu fais ça… » Désabusé, l’ex-attaquant de Sedan et du Mans espère tourner la page au plus vite, ne comprenant toujours pas comment l’entraîneur avait pu être prolongé jusqu’en juin 2028 avant le début du Mondial.
/https%3A%2F%2Fmedia.afrik-foot.com%2Fmain%2F2026%2F07%2FBoutabout-3.jpg)
« Sa prolongation juste avant le Mondial était très surprenante. Est-ce que c’était un coup de pression ? Je ne sais pas, je n’y suis pas pour savoir. On se sent piégé par rapport à ce contrat. Il faut trouver une solution pour se sortir de ça et repartir de l’avant », a-t-il lâché. Pour le remplacer, Mansour Boutabout nous a dressé le portrait-robot du candidat idéal selon lui.
Boutabout pas contre un nouveau sélectionneur étranger
« Je ne suis pas contre d’avoir un étranger, mais qui maîtrise le français, qui connaît le continent et le football africain. Un Hervé Renard, un Éric Chelle, quelqu’un de ce standing-là et, après, pourquoi pas l’épauler avec un ancien, qui puisse l’accompagner. Il faut repartir sur un cycle de 4 ans, laisser travailler avec la prochaine CAN et les qualifications pour le prochain Mondial », a-t-il lancé.
Boutabout se montre en revanche plus prudent dans le dossier Antar Yahia, dont le nom a beaucoup circulé ces derniers jours : « C’est un dossier assez complexe. D’abord, Antar n’a pas ses diplômes. Il y a ensuite le manque d’expérience, il faudrait quelqu’un qui a au moins eu des sélections de jeunes. Il ne faut pas brûler les étapes. »
Désabusé par ces péripéties, il n’en reste pas moins lucide et envoie un message plein de mesure à la FAF. « À l’instant T, je ne vois pas de solutions. Mais on n’est pas dans l’urgence, on a quelques semaines, un mois, pour trouver un nouveau coach. Il ne faut pas se mettre la pression et choisir pour choisir, ça ne servirait à rien du tout », a-t-il conclu. À bon entendeur.
/https%3A%2F%2Fmedia.afrik-foot.com%2Fmain%2F2026%2F07%2FPetkovic-Boutabout.jpg)