RDC : ces maillots qui ont marqué l’histoire des Léopards

Depuis son premier match au lendemain de la deuxième guerre mondiale en 1948 (victoire 2-0 contre la Rhodésie du Sud, actuelle Zambie), l’équipe de la RD Congo, successivement dénommée Congo Belge (jusqu’à l’indépendance en 1960), République démocratique du Congo RDC (1960-1971), Zaïre (1971-1997) puis de nouveau RDC (à partir de 1997) a étrenné plus d’une trentaine de maillots. Du célèbre allemand Adidas à l’anglais Umbro plus récemment, en passant par l’irlandais O’Neills ou encore le français Airness, les Léopards ont vu nouer plusieurs partenariats avec les équipementiers, dont certains se sont avérés porte-bonheur…

La première dorée d’Adidas

Malgré des débuts prometteurs contre la Zambie et la Mauritanie (6-0 en avril 1963), avec en prime une première participation à la Coupe d’Afrique des nations (CAN) en 1965, les Congolais n’ont connu leur première consécration qu’en 1968. Sous l’égide du Hongrois Ferenc Csanádi, la bande à Kalala a remporté sa première CAN en battant le tenant du titre, le Ghana, en finale (0-1). Un statut de champion qu’elle va confirmer quatre ans plus tard, en 1974, dès la signature de son contrat avec Adidas (1974-1992). En effet, emmenés cette fois par le Macédonien Blagoja Vidinić et surtout leur attaquant vedette Mulamba, l’équipe habillée en polos verts à col orange, avec l’emblème du léopard sur le torse, soulève la deuxième CAN de son histoire – la dernière en date – et réalise le doublé.

Logés dans le groupe B, les Zaïrois gagnent d’entrée contre la Guinée (2-1) avant de s’incliner devant le rival, le Congo, sur le même score. Dos au mur, la sélection étrille l’Île Maurice lors de la troisième et dernière journée (4-1) et se qualifie pour les demi-finales où elle obtient le scalp du pays hôte, l’Égypte (2-3) grâce à un doublé de Mulamba. Obligé de rejouer ensuite la finale après un score de parité (2-2) obtenu face à la surprise zambienne, le Zaïre dompte deux jours plus tard, le 14 mars, les Chipolopolos (2-0) sur un doublé de l’inévitable Mulamba qui termine meilleur buteur avec 9 réalisations.


Première équipe d'Afrique subsaharienne à participer à la Coupe du monde, à l’été 1974 en République Fédérale d’Allemagne, futur vainqueur à domicile, le Zaïre a ensuite connu un parcours international beaucoup plus difficile. Les hommes en vert ont été éliminés dès la phase de groupes, après avoir été giflés tour à tour par l’Écosse (0-2), la Yougoslavie (9-0) et le Brésil, tenant du titre (0-3).

Passé cette époque, l’ex-RDC a perdu de sa superbe, manquant les trois éditions suivantes de la CAN et échouant en quarts de finale en 1992. Un déclin qui sonna la fin du partenariat avec Adidas, lequel laissa place au néerlandais Masita (1993-1994). Ce dernier ne connaitra pas meilleure fortune avec l’équipe du Zaïre, puisque cette dernière butait encore en quarts de finale en 1994. Un stade auquel stagneront les Bleus et Rouges lors de l’édition 1996, marquant ainsi la fin du deuxième mandat d’Adidas (1994-1996) qui succéda aux Hollandais.

Zaire, maillot, 1988
Le Zaïre version Adidas (1988) © Iconsport

O’Neills et Ibenge redonnent vie aux Léopards

La sélection connaitra ensuite une évolution en dents de scie, avec un pic en 1998 (troisième place contre le Burkina Faso), puis enchaînant le bon (quart de finale 2002) et le moins bon (éliminée en phase de groupes en 2000 et 2004). La période 2006-2014 ne sera guère souriante, marquée par une absence en 2008, sous l'égide de l'équipementier Airness (2006-2009), puis en 2010 et 2012 avec la marque italienne Erreà (2009-2014). Cette dernier ne prolongera pas son aventure avec la RDC. Elle sera remplacée par O’Neills avec qui les Léopards retrouveront leurs lettres de noblesse.

En effet, sous la houlette de l’équipementier irlandais, qui dégaine pour sa première un shirt à col rond, à dominante bleue, et à manches rouges pour les matchs à domicile et un maillot blanc pour l'extérieur, les Léopards emmenés par le “local” Florent Ibenge décrochent la troisième place en 2015, pour la deuxième fois de la leur histoire, et une glorieuse 28e place au classement FIFA devant les Pays-Bas en 2017. À la faveur de trois matches nuls (1-1 contre la Zambie, 0-0 avec le Cap-Vert et 1-1 face à la Tunisie), Yannick Bolasie et compagnies renversent le rival Congo en quarts (2-4) avant de s’incliner devant le futur vainqueur la Côte d’Ivoire (1-3). Ils l'emportent néanmoins sur la Guinée Équatoriale, le pays organisateur (0-0, 4-2 ap. t.a.b.), dans le match de classement et s’adjugent la médaille de bronze.

Mais les Léopards sont par la suite rattrapés par leurs vieux démons et dégringolent progressivement, passant des quarts de finale en 2017 aux huitièmes de finale en 2019, pour finalement rater l’édition de 2021. Une performance indigeste qui a sonné le glas du partenariat entre la Fédération congolaise de football association (Fécofa) et la marque O’Neills en 2023, laquelle a toutefois vu pour son baroud d'honneur la bande à Cédric Bakambu se qualifier pour la 34e édition en Côte d’Ivoire (du 13 janvier au 11 février 2024). Elle a été remplacée par Umbro depuis le 1er avril dernier. À noter que malgré une victoire de la RDC qui étrennait ses premiers kits face à l’Ouganda (1-0) le 15 juin dernier, la marque anglaise a essuyé moult critiques sur les réseaux sociaux pour son design jugé de mauvais goût.

Les équipementiers de la RD Congo depuis 1974

  • 1974-1992 : Adidas
  • 1993-1994 : Masita
  • 1996-1997 : Adidas
  • 2006-2009 : Airness
  • 2009-2014 : Erreà
  • 2014-2023 : O'Neills
  • 2023-présent : Umbro
RDC : ces maillots qui ont marqué l’histoire des Léopards
Prudence Ahanogbe