En rappelant plusieurs cadres écartés avant la Coupe du monde 2026, le sélectionneur de la Tunisie, Mouïne Chaâbani, privilégie la réconciliation. Un choix rassurant, mais risqué.
Mouïne Chaâbani n’a pas choisi la table rase pour lancer son mandat à la tête de la Tunisie. Après le traumatisme du Mondial 2026, le nouveau sélectionneur aurait pu profiter du contexte pour imposer une rupture nette.
Il a préféré emprunter une voie plus prudente : réintégrer plusieurs cadres écartés par ses prédécesseurs, conserver une partie de l’ossature existante et ouvrir progressivement la porte à quelques nouveaux joueurs. Sa première liste traduit justement ce mélange entre retours d’anciens, nouveautés et choix forts. Plus qu’une sélection de reconstruction, elle ressemble donc à une tentative de réconciliation.
Chaâbani restaure les anciens équilibres de la sélection de Tunisie
Les retours d’Ali Maâloul, Ferjani Sassi, Aïssa Laïdouni, Mohamed Ali Ben Romdhane et Hamza Rafia sont tout sauf anecdotiques. Tous avaient manqué la Coupe du monde et certains semblaient définitivement sortis du paysage international.
🇹🇳 PREMIÈRE LISTE DE MOUINE CHAABANI ! 🦅🔥
— LE VESTIAIRE TN (@LEVESTIAIRETN) September 18, 2026
🔙 LES RETOURS :
Ferjani Sassi, Mohamed Ali Ben Romdhane, Ali Maaloul, Aïssa Laïdouni, Hamza Rafia, Sayfallah Ltaief et Amine Cherni.
🆕 PREMIÈRES CONVOCATIONS :
Samy Chouchane, Sadok Kedida et Mohamed Nasraoui.
❌ LES ABSENTS :
Ali… pic.twitter.com/ZY2pZbNBnS
Le contraste avec la précédente direction est net. Lors de sa première liste, Sabri Lamouchi avait justement choisi d’écarter plusieurs cadres historiques, dont Sassi et Ben Romdhane. Chaâbani envoie donc un message différent : aucune porte ne restera fermée uniquement en raison des décisions prises avant son arrivée.
L’expérience, la connaissance de la sélection et la capacité à gérer la pression restent à ses yeux des critères importants. Cette stratégie répond aussi à une urgence. Après une Coupe du monde conclue par trois défaites et douze buts encaissés, la Tunisie est sortie profondément meurtrie du tournoi.
Sassi, Maâloul ou Laïdouni connaissent les exigences de la sélection et peuvent faciliter la transition dans un vestiaire fragilisé. Mais ce choix comporte également un risque : donner l’impression que les Aigles de Carthage cherchent leur salut dans leur passé. Réintégrer les anciens peut apaiser certaines tensions à court terme sans nécessairement résoudre les problèmes révélés au Mondial.
Une réconciliation qui conserve ses limites
Chaâbani n’a d’ailleurs pas prononcé une amnistie générale. Ali Abdi, pourtant revenu sur ses déclarations controversées précédant le Mondial, reste absent de cette première liste.
Le sélectionneur n’a cependant pas établi publiquement de lien entre cette absence et l’épisode en question. Impossible, donc, d’en faire automatiquement une sanction : elle peut tout aussi bien relever d’un choix sportif.
Dans le même temps, la première convocation de Sadok Kedida montre qu’une place subsiste pour le renouvellement. Le retour d’Alaa Ghram et de Sayfallah Ltaief complète cette volonté de corriger certains choix passés sans bouleverser entièrement la hiérarchie.
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— ETTACHKILA (@EttachkilaTN) September 20, 2026
Aigles de Carthage : Que retenir de la première liste de Mouine Chaabani ?
Après une Coupe du monde complètement ratée, la première liste de Mouine Chaabani était particulièrement attendue. Beaucoup imaginaient une rupture profonde avec le groupe précédent. Le nouveau… pic.twitter.com/yBW2GXLZIq
Cette première liste ressemble finalement à un compromis : rassurer les cadres, calmer un environnement encore marqué par le Mondial et introduire progressivement de nouveaux visages.
Les matchs contre l’Ouganda et le Botswana diront si cette méthode suffit à provoquer une première réaction. Pour l’instant, le successeur d’Hervé Renard cherche surtout à remettre de l’ordre et de la confiance avant d’engager des changements plus profonds.
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