Un inédit 3/10 au Trophée Yachine : les gardiens africains ne font plus rire personne

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Longtemps accompagnés de clichés sur leur supposé manque de fiabilité au plus haut niveau, les gardiens africains tiennent une petite revanche. Pour la première fois, trois d’entre eux figurent simultanément parmi les dix nommés au Trophée Yachine de France Football.

Yassine Bounou, Édouard Mendy et Vozinha représenteront respectivement le Maroc, le Sénégal et le Cap-Vert dans la course au titre de meilleur gardien du monde. Une présence d’autant plus remarquable que la liste 2026 est extrêmement internationale, avec des portiers issus d’Afrique, d’Europe et d’Amérique du Sud.

Trois Africains sur dix, une première au Trophée Yachine

Jamais le continent n’avait placé autant de représentants dans une même édition du Trophée Yachine.

Ils étaient déjà deux parmi les dix nommés en 2022 (Edouard Mendy 4e et Bounou 8e) et en 2023 (Bounou 3e et Onana 6e). Cette fois, 30 % des candidats sont africains.

Bounou et Mendy sont désormais des habitués des grandes distinctions individuelles. Le premier sort notamment d’une nouvelle Coupe du monde de très haut niveau avec le Maroc et d’une saison terminée à la deuxième place du championnat saoudien.

Mendy continue lui aussi de bénéficier de son statut international avec le Sénégal et de ses parades décisives à la CAN et d’une forte régularité en Arabie Saoudite. Mais la véritable curiosité vient de Vozinha. La présence du vétéran cap-verdien au milieu de Courtois, Emiliano Martinez, Raya, Kobel ou Unai Simon récompense une trajectoire beaucoup moins conventionnelle : il s’est révélé sur le tard à la Coupe du monde, à 40 ans.

Une revanche sur un vieux cliché avec les gardiens africains

Au-delà des trois hommes, cette représentation possède une dimension symbolique.

Pendant des décennies, le poste de gardien a régulièrement été présenté comme l’un des points faibles structurels du football africain. Les erreurs de certains portiers lors des grandes compétitions ont parfois nourri une généralisation caricaturale sur des gardiens supposément moins fiables ou moins bien formés.

La réalité contemporaine raconte autre chose.

Bounou a déjà démontré au plus haut niveau européen et international qu’il pouvait appartenir à l’élite mondiale. Mendy a remporté la Ligue des champions avec Chelsea et avait même été désigné meilleur gardien FIFA en 2022. Derrière eux, l’apparition de profils issus de sélections moins habituées aux distinctions individuelles, comme Vozinha, élargit encore le tableau.

Une liste du Trophée Yachine particulièrement internationale

Cette édition 2026 illustre d’ailleurs parfaitement la mondialisation du poste.

Le Maroc, le Sénégal et le Cap-Vert côtoient l’Espagne, représentée par trois gardiens, mais aussi la Belgique, la Suisse, l’Argentine et la Russie. Neuf nationalités différentes sont ainsi représentées parmi les dix candidats.

Bounou semble, sur le papier, disposer des arguments les plus solides parmi les trois Africains pour obtenir une place élevée, même si la concurrence rend une victoire particulièrement difficile.

Mais le principal symbole est peut-être déjà ailleurs. Avec trois candidats sur dix, les gardiens africains ne sont plus une anomalie dans l’élite mondiale : ils en font désormais pleinement partie.

Un inédit 3/10 au Trophée Yachine : les gardiens africains ne font plus rire personne

Louis Mukoma Fargues