Algérie – Autriche : quarante-quatre ans après Gijón, les Fennecs face au piège de la revanche à la Coupe du monde 2026

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Le destin a parfois le sens de l’ironie. Quarante-quatre ans après le traumatisme du « match de la honte » de Gijón, l’Algérie retrouve l’Autriche dans un match de Coupe du monde qui ravive forcément les souvenirs de 1982. Cette fois , les enjeux sont bien différents… même si les calculs risquent encore d’occuper les esprits.

Grâce à leur victoire renversante contre la Jordanie (2-1), les Fennecs abordent cette troisième journée avec trois points, tout comme les Burschen. Battues toutes deux par l’Argentine de Lionel Messi, les deux sélections savent qu’un match nul les enverrait en seizièmes de finale, comme deuxième pour l’Autriche et très probablement parmi les meilleurs troisièmes pour l’Algérie.

Coupe du monde 2026 — Groupe J

PosÉquipeJPtsBPBCDiff
118644 Argentine2650+5
218643 Autriche23330
318620 Algérie2324-2
418559 Jordanie2025-3
Qualifiés pour les 1/16es de finale
Possible meilleur 3e

Gijón, bis repetita ?

De quoi alimenter les fantasmes d’un nouveau « Gijón » ? Beaucoup y pensent déjà. Plusieurs médias internationaux ont d’ailleurs rappelé le précédent de 1982, le tristement célèbre “match de la honte”, lorsque l’Allemagne de l’Ouest et l’Autriche avaient fait circuler le ballon pendant plus d’une heure après un but allemand, éliminant l’Algérie malgré deux victoires. Un scandale qui avait conduit la FIFA à programmer les derniers matches de groupe à la même heure.

Cette fois, la situation est différente. Un nul arrangerait effectivement les deux équipes sur le plan comptable, mais rien ne garantit qu’il soit recherché. D’autant que terminer deuxième ou troisième n’offre pas le même tableau final. Les calculs existent, mais ils restent beaucoup moins simples qu’en Espagne il y a 44 ans.

Rabah Madjer refuse la comparaison

Interrogé sur cette étrange coïncidence sur le plateau de MBC, Rabah Madjer refuse justement que les joueurs vivent dans le passé.

« Je conseille vivement aux joueurs de ne pas penser à ce problème que nous avons connu en 1982 à Gijón. Restez concentrés sur le match, car nous allons affronter une équipe très forte. Ce qui s’est passé appartient au passé. Aujourd’hui, c’est vous qui écrivez votre propre histoire. »

L’ancien Ballon d’Or africain s’est également montré confiant malgré les débuts contrastés des Fennecs.

« L’Algérie n’a pas perdu contre l’Argentine, elle a perdu contre Messi. Il peut faire basculer un match à lui seul. Cette défaite a finalement donné une motivation supplémentaire aux joueurs avant la Jordanie. »

Madjer appelle toutefois à la prudence face à une Autriche qu’il juge « physique, rapide et très rigoureuse tactiquement ».

Les “Belloumi Boys” veulent tourner la page

Dans les tribunes aussi, 1982 est déjà dans toutes les têtes. Avant la victoire contre la Jordanie, cinq supporters surnommés les « Belloumi Boys », vêtus des mythiques maillots verts de 1982 floqués du numéro 10 de Lakhdar Belloumi, avaient attiré tous les regards. Leur message était limpide : tourner définitivement la page de Gijón.

L’Algérie possède désormais son destin entre les mains. Une victoire effacerait définitivement tous les calculs. Un nul ouvrirait très probablement les portes des seizièmes grâce au classement des meilleurs troisièmes. Mais au-delà des scénarios comptables, les Fennecs ont surtout l’occasion de transformer l’un des plus grands traumatismes de leur histoire en un nouveau chapitre, cette fois écrit sur le terrain.

Algérie – Autriche : quarante-quatre ans après Gijón, les Fennecs face au piège de la revanche à la Coupe du monde 2026

Louis Mukoma Fargues