Cameroun : méthode Coué ou optimisme inébranlable de Rigobert Song ?

Dominé 1-0 par le Sénégal en match amical ce lundi 16 octobre à Lens (France), le Cameroun continue d’inquiéter. Les Lions indomptables enchaînent ainsi un 2ème revers de suite dans cette fenêtre internationale après la défaite 1-0 face à la Russie le 12 octobre. En conférence de presse, le sélectionneur Rigobert Song n’a pas semblé plus inquiet que ça de la récente forme de son équipe. L’ancien capitaine des Lions indomptables est à la frontière entre la méthode Coué et l’optimisme exacerbé.

De notre reporter, à Lens,

Deux matchs, deux revers, deux buts encaissés, aucun inscrit durant cette fenêtre internationale du mois d’octobre pour l’équipe du Cameroun. Les Lions indomptables ont subi ce lundi la loi des champions d’Afrique en titre en match amical au stade Bollaert de Lens. Quatre jours plus tôt, le Cameroun s’inclinait 1-0 en Russie. Deux revers qui enfoncent davantage les Lions indomptables moins souverains depuis leur 3ème place à leur CAN en 2022.

Pas de quoi fouetter un chat si l’on se fie à la réaction d’après match de Rigobert Song. « Nous sommes en préparation, on a fait tourner. Je n’avais pas tout mon effectif, indique le sélectionneur camerounais. Ceux qui ont joué m’ont permis d’avoir une idée sur ceux avec qui je veux aller dans 3 mois (à la CAN). Ça a permis de voir tout le monde et ce n’était pas si mal. C’est vrai qu’en première période c’était un peu plus difficile. Mais en 2ème on a été présent, on a mis la jeunesse, on a fait tourner. J’ai espoir que d’ici la CAN, on va trouver les ingrédients pour aller dans cette compétition avec un moral haut », espère-t-il.

Un bilan alarmant de 4 victoires en 16 matchs

La communication du technicien de 47 ans est assez trompe-l’œil lorsqu’on se penche sur son bilan famélique depuis sa prise de fonction en février 2022. Après son coup d’éclat dans la foulée de sa nomination au poste de sélectionneur, en qualifiant le Cameroun à la Coupe du monde 2022 devant l’Algérie, Song a enchaîné les résultats en dents de scie. Une préparation désastreuse en direction du Mondial ponctuée par deux revers et deux nuls. Avant une défaite face à la Suisse et un nul spectaculaire (3-3) face à la Serbie lors de ses deux premiers matchs de groupe au Qatar. La victoire de prestige face à une équipe du Brésil remaniée n’y change rien avec, au bout, une élimination au 1er tour. C’est surtout 4 victoires à son actif sur le banc camerounais (7 défaites et 5 nuls) en 16 rencontres.

Quelques circonstances atténuantes

Pas épargné sur ses dernières sorties, Rigobert Song a dû composer sans Franck Zambo-Anguissa sur ces deux rencontres. Face au champion d’Afrique en titre, l’absence du maître à jouer des Lions indomptables s’est fait sentir. Totalement submergé dans l’entrejeu par la mobilité du duo Pape Sarr-Nampalys Mendy, le milieu camerounais Koundé – Ntcham – Ondoua était totalement à la dérive lors du premier acte. « Mes joueurs ne parvenaient pas à bien se situer en première mi-temps. Dans la 2ème on a pu corriger cela. Il nous faut des joueurs avec un peu plus d’expérience », a reconnu Song.

Dépourvu d’options alternatives sur le côté droit de la défense, Rigobert Song a dû bricoler en titularisant Jean-Charles Castelletto. Le défenseur central du FC Nantes a dû faire face à Sadio Mané et Ismaïl Jakobs. « J’ai un effectif un peu diminué, regrette Song. Au poste d’arrière droit, il y a Fai (Collins) qui vient de retrouver un club. Nous sommes à la recherche de joueurs à ce poste. J’ai été défenseur central, j’ai été amené à jouer latéral droit. Ce ne sont pas les mêmes réflexes mais on peut toujours apporter sa touche sur le plan collectif. Jean-Charles a apporté ce qu’il pouvait, même s’il n’avait pas les automatismes d’un arrière droit. Aujourd’hui, nous attendons des latéraux plus percutants sur le plan offensif », a-t-il expliqué.

Une sélection pleine d’incertitudes avant les qualifications du Mondial et la CAN

L’inventeur de la désormais célèbre théorie du danger devra trouver les leviers pour remettre un coup de booster à son effectif. La physionomie de ce match perdue face au Sénégal a révélé de vraies lacunes dans le collectif camerounais, moins souverain qu’à l’accoutumée. « Pour nous c’est un match qui nous permet de trouver nos failles avant le mois prochain et les deux matchs de qualifications à la Coupe du monde qui sont importants. En espérant que tous nos leaders reviennent. Il y a quelques blessés. D’ici quelques temps, j’aurai un effectif complet qui va me permettre de préparer les matchs dans de bonnes conditions », a relativisé le double champion d’Afrique 2000 et 2002.

La dynamique actuelle n’est pas pour booster le moral des troupes camerounaises. En atteste la qualification arrachée à l’ultime journée à domicile face à la modeste équipe du Burundi, 141ème nation au classement FIFA. Les échéances qui pointent déjà à l’horizon avec les deux premières journées des qualifications à la Coupe du monde 2026 (13-21 novembre 2023). Le Cameroun partage la poule avec le Cap-Vert, l’Angola, la Libye, Eswatini et l’île Maurice. À trois mois de la CAN dont le tirage au sort a été effectué le 12 octobre dernier. Les quintuples champions d’Afrique devront une fois de plus se coltiner le Sénégal en plus de la Guinée et de la Gambie.

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Yoro Mangara