L’entraîneur français Henri Michel reprend du service à la tête de la sélection marocaine de football, sept ans après l’avoir quittée dans le tumulte. Il remplace Mohamed Fakir pour préparer les Lions de l’Atlas à la Coupe d’Afrique des nations 2008, au Ghana. Une compétition qu’ils ont remportée pour la dernière fois en 1976.


Henri Michel a quatre mois pour préparer la sélection marocaine de football à la Coupe d’Afrique des nations 2008, au Ghana. Le sélectionneur français retrouve les Lions de l’Atlas neuf ans après les avoir accompagnés au Mondial français, en 1998. Il remplace Mohamed Fakir, qui, « suite à la qualification de l’équipe nationale A aux phases finales de la CAN-2008, a demandé à être déchargé de ses fonctions de sélectionneur national », indique un communiqué de la Fédération royale marocaine de football. Le nouvel sélectionneur, qui selon Saïd Belkhayat, un responsable de la Fédération marocaine, « connaît le mieux le Maroc et la mentalité des Marocains », doit prendre ses fonctions à dater du 1er septembre prochain.

« Lynchage médiatique »

En cinq ans passés à la tête de la sélection nationale marocaine, de 1995 à 2000, Henri Michel a enregistré 31 victoires et 9 défaites. Un bilan comptable raisonnable qui ne cache pas des résultats décevants dans les compétitions officielles. Les Marocains sont éliminés en quarts de finales de la Can 1998 (Burkina-Faso) par l’Afrique du Sud, champion en titre et futur finaliste de l’édition. Plus véloces lors du Mondial français, avec un match de « gala » face au Brésil, ils manquent de peu de sortir des phases poule.

Mais c’est la Can 2000, organisée conjointement par le Nigeria et le Ghana, qui vaut sa place à Henri Michel. Le Maroc, tombé dans le groupe du Nigeria, de la Tunisie et du Congo, ne se qualifie pas pour les quarts de finales. Quatre jours après une défaite (2-0) synonyme d’élimination face aux Super-Eagles, Henri Michel, désigné cinq ans plus tôt par le roi Hassan II, démissionne. Il parlera en conférence de presse d’un « lynchage médiatique » contre sa personne et sa sélection.

Tous les Marocains ne lui tiendront pas rigueur de ces résultats puisque trois ans plus tard, il est invité à prendre la direction du Raja de Casablanca. Avec les Rajaouis, l’ex-entraîenur du Paris saint Germain remporte la Coupe de la Caf (Confédération africaine de football), en 2003, puis le championnat national l’année suivante !

Sur une bonne lancée avec les Eléphants de Côte d’Ivoire

Avant la sélection marocaine, Henri Michel a connu la joie du dernier carré d’une Coupe du monde, en 1986, avec l’équipe de France de Michel Platini, qu’il a hérité de Michel Hidalgo. Il aura moins de réussite avec le Cameroun au Mondial 1994 : les Lions Indomptables ressortent avec un match nul et deux sévères défaites face au Brésil (3-0) et à la Russie (6-1). Sélectionneur de la Tunisie lors de la Can 2002, c’est le Sénégal et l’Egypte qui ont sa peau et qui le renvoient prématurément du Mali, dès les phases de poule, avec les Aigles de Carthage.

Ses derniers résultats en Afrique plaident pourtant pour lui, puisqu’il a emmené la jeune et talentueuse génération ivoirienne en finale de la Can 2006, perdue devant l’organisateur égyptien. Avec plus de métier et de constance, les coéquipiers de Didier Drogba auraient peut-être même pu créer l’exploit et sortir de leur groupe de qualification (Argentine, Pays-Bas et Serbie-Montenegro) de la Coupe du monde 2008.

Formé à Aix-en-Provence, Henri Michel a effectué toute sa carrière de milieu de terrain au FC Nantes (1966-1982), un club qui a fait sa réputation sur son beau jeu. Il a été sélectionné plus de cinquante fois en équipe de France. Après la Côte d’Ivoire, il a rejoint le Zamalek du Caire, en décembre dernier, qu’il a quitté voilà un peu plus d’une semaine.